Le goût des Orties

Orties, c’est le nom d’un restaurant parisien – mais aussi, pour les amateurs dont je suis, le titre français d’un ouvrage du Japonais Junichiro Tanizaki, qui conte le lent effritement d’un couple…  Mais c’est une autre histoire. Disons juste que j’aime beaucoup ce titre. Parce qu’il dit le goût, justement. Celui des orties, pauvres mal-aimées dont on oublie trop souvent qu’une fois travaillées, cuites, elle sont exquises, et bourrées de bonnes choses (protéines, fer, vitamine A, oligo-éléments…).
Chez Orties, vous en trouverez de ces bonnes-mauvaises herbes, naturelles, sauvages ou très bien élevées. Comme tout ce que l’on y mange : frais, de saison, et travaillé quotidiennement par Thomas Benady, jeune chef réservé, mais sans aucun doute déterminé.

Et pile en face du restaurant, Orties Cave vous propose des vins, bien sûr, mais aussi quelques mets de choix, des huîtres, du jambon français, du miel…

Petit voyage en images goûteuses (décembre 2017)

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Petits pains soufflés à l’anchois : croustillants dehors et fondants dedans.

 

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Poireaux-pommes de terre, et cabillaud

La soupe poireaux-pommes de terre, c’est un peu le marronnier de l’hiver : il fait froid (enfin pas vraiment ici, à Paris, en tout cas pour l’instant), c’est réconfortant, c’est tout simple à préparer… Et en plus, ça ne coûte pas cher. J’avais donc envie de cette petite soupe, mais en plus, il me restait un morceau de cabillaud – pas du « filet de cabillaud », je parle là de « vrai » cabillaud, découpé dans un gros poisson par le poissonnier…

N’achetez pas les  filets déjà préparés, ils coûtent beaucoup plus cher, leur traçabilité n’est vraiment pas évidente, et en prime la fraîcheur n’est pas toujours au rendez-vous ! Choisissez donc un morceau et demandez à votre poissonnier de le préparer.

J’ai donc ajouté à ma soupe de base du cabillaud, et une petite sauce magique !

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Soupe poireaux-pommes terre, cabillaud pimenté

(Pour 4 personnes. Préparation : 10 min. Cuisson : 20 min.)

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Chocolat + calisson = pâtissons !

Il y a quelques années, j’ai imaginé pour la maison Le Roy René, le « must » du calisson* de Provence, des recettes avec leur délicieuse crème de calisson. Cela a l’air facile, évident, mais non, ce n’est ni l’un ni l’autre. Notamment parce que cette crème doit être dosée avec justesse pour ne pas faire remonter la pointe d’amertume des amandes, mais au contraire garder leur douceur et leur fraîcheur, avec celles des oranges et du melon confits. Et comme, bien sûr, je refais rarement les mêmes recettes, sauf quand il s’agit de les mettre au point, je n’ai pu m’empêcher d’y ajouter… Car une recette n’est jamais gravée dans le marbre, elle évolue avec le temps, avec son propre goût, avec les produits que l’on découvre, les recettes dont on se régale au restaurant… Et c’est une bonne chose : vive la diversité !

J’y ai donc ajouté… un rien de mandarine – l’une de mes madeleines –, cet agrume qui poussait dans le jardin de mon enfance, si rare et si mal connue, le plus souvent confondue avec la clémentine. Mais goûtez, vous verrez qu’elles sont fort différentes. Quant à la polygamie mandarine-amande-chocolat, elle est grandiose…

Parlons un peu amandes : privilégions celles de Provence, au goût exceptionnel. Autrefois florissant, l’amandier a hélas été arraché au profit de la vigne. Heureusement, grâce à Olivier Baussan (Maison Brémond) et Laure Pierrisnard (directrice de la maison Le Roy René), une campagne d’incitation à la plantation d’amandiers a vu le jour. Et c’est tant mieux. Moi, je boycotte les amandes de Californie – ne me demandez pas pourquoi, ce serait trop long à vous expliquer ici et maintenant. Et, en plus, le bilan carbone de ces importations est désastreux (gardons-le pour les produits qui en valent la peine et ceux que nous n’avons pas chez nous)… Alors, en attendant que les amandes à l’accent du Midi envahissent pacifiquement nos tables, choisissons leurs sœurs européennes.

* Réjouissons-nous, le calisson de Provence restera français ! L’homme d’affaire chinois qui voulait déposer le nom « Calisson d’Aix » a perdu son procès et l’office chinois des marques a reconnu l’antériorité de l’appellation. Ouf !

 La photo est signée Édouard Sicot.

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Gâteau-truffe à la crème de calisson

(Pour 6 à 8 personnes. Préparation : 15 min. Cuisson : 45 min, 12 h à l’avance.)

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Passez muscade !

Si j’en crois mon ami Robert (LE Robert), « passez muscade » ne s’applique pas à la noix muscade qui parfume mes sablés, mais à la petite boule de liège que les illusionnistes utilisaient dans leurs tours de passe-passe. Parce que cette boule ressemblait à une noix muscade, elle en prit le nom. Tant pis : je garde cette jolie expression quelque peu désuète.

La noix muscade – non, pas “de” muscade (voir toujours mon ami Robert) –, est mon épice préférée. Je tiens ça de ma mère (ici). Et puis, elle est la seule (la noix, pas ma mère, quoique…) qui ne perd jamais ses arômes. Si vous en retrouvez une égarée au fond d’un placard, ne la jetez pas, râpez-la : elle se révèlera douce, fraîche et piquante, chaude et boisée, sensuelle et envoûtante. Et pour la râper, choisissez Microplane®, c’est bien mieux que la plupart des râpes proposées sur le marché.

Dans cette recette, j’ai utilisé la muscade au lieu des sempiternelles vanille, cannelle ou autres épices pour pain d’épice. Juste de la muscade et, pour ma quarantaine de sablés, j’ai râpé une belle petite noix. Ne vous inquiétez pas, vous ne mettrez pas votre santé en danger, même si vous croquez tous les sablés – mais si vous en mangez une dizaine, ce sera déjà beaucoup, ils sont riches en beurre, sucre et farine ! Parce que, ne l’oublions pas, la noix muscade a mauvaise réputation : celle de tuer ! Oui, oui. Mais il faudrait en ingérer vraiment beaucoup en une seule fois pour avoir des hallucinations et voir son cœur s’emballer…

La voici donc, cette jolie noix, dans mes sablés, à croquer, en ces périodes festives, à tout moment de la journée. Et si vous cherchez de bonnes muscades, celles d’Olivier Roellinger sont irrésistibles.

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Sablés muscade

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Pâtes acidulées

Une recette de pâtes toute simple, aux accents siciliens. Je voulais à l’origine la faire avec des linguines, mais vérification faite, je n’en avais plus… Je l’ai donc réalisée avec des gemelli et, ce n’est pas une surprise, c’était très bon ! Mangez ces pâtes dès qu’elles sont prêtes, pas vraiment chaudes, la  « citronnette » qui les enrobe étant à peine tiède. Et entre nous,  froid, c’était encore bon !

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Pâtes au citron, mais pas seulement…

(Pour 2 à 3 personnes. Préparation : 10 min. Repos : 20 min. Cuisson : 10 min.)

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Paris-Pékin 1984-1987 : le grand bond en arrière

En 1984, Stéphan Lagorce a à peine 22 ans, déjà une solide expérience en cuisine, et des rêves plein la tête. Quoi de plus naturel que d’acquiescer à la proposition de Pierre Cardin, qui vient d’ouvrir Maxim’s à Pékin ? Il y sera chef. Visionnaire, Pierre Cardin, nous dit Stéphan Lagorce : « Vous raconterez des choses stupéfiantes à vos petits-enfants. C’est vous qui devriez me payer pour aller à Pékin ». Et c’est à nous, lecteurs, que Stéphan raconte aujourd’hui ses quatre ans dans la capitale chinoise, à travers un petit livre réjouissant, Cuisine, marxisme et autres fantaisies*.

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L’histoire commence comme un film de Buster Keaton ou de Charlie Chaplin.. Lire la suite