Morabeza, un coin de Cap Vert

C’est dans un coin paisible du 13e arrondissement parisien, à deux pas du Parc Montsouris et du 14e, en des murs où œuvrait naguère un “italien” sans prétention, qu’a ouvert il y a cinq mois le restaurant Morabeza, nouvelle invitation à découvrir la cuisine du Cap Vert.

Le Cap Vert (Vous savez, la patrie de la chanteuse Cesaria Evora ! Mais oui, vous savez…) c’est ce chapelet d’îles lascivement égrenées au large de l’Afrique de l’Ouest, regroupées sous les noms poétiques d’Îles du Vent et d’Îles sous le Vent… Ça y est ? La machine à rêve s’est enclenchée ?

Ici, donc, dans une décor jaune soleil, la chef, Maria, a décidé – après vingt ans de cuisine française – de faire retour vers ses racines capverdiennes, pour proposer une cuisine traditionnelle où se mêlent avec bonheur saveurs et textures africaines et portugaises. La carte  est assez courte (pour l’instant ?) et les plats très généreux. Une jolie adresse exotique aux prix très raisonnables.

Samedi midi, pas grand monde dans la salle avant l’arrivée d’une douzaine de ravissantes Capverdiennes bavardes et joyeuses, parlant une jolie langue française matinée de portugais (Le Cap Vert, découvert par les Portugais en 1456, n’a gagné son indépendance qu’en 1975 : le portugais y reste langue officielle, le créole capverdien langue nationale). Nous sommes dans l’ambiance pour un déjeuner test…

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Bière portugaise et pop-corn salé pour commencer. La bière capverdienne est pour l’instant trop compliquée à importer…

Entrées : pastels de morue  (à gauche) et assiette Morabezza : omelette capverdienne et chorizo maison (à droite).

Les croquettes de morue sont excellentes, chaudes et croustillantes comme il faut. L’omelette, qui ressemble à une crêpe, est préparée avec de la  farine, ce qui lui donne une certaine mâche; quant au chorizo, il est ferme, très anisé, bref… délicieux.

Plats : massa au poisson (à gauche) et bacalhau no forno (à droite).

Massa, ce sont des sortes de gnocchis de semoule, servis avec une préparation en sauce (poulet ou poisson) : le bouillon de poisson était parfaitement assaisonné, le poisson d’une justesse de cuisson qui en ferait pâlir plus d’un, les légumes (plantains et ignames) très goûteux et d’une belle texture. Le gratin de morue est parfaitement assaisonné : ni trop ni pas assez de sel.

Dessertsdoce de papaye et fromage de chèvre (à gauche) et gâteau de bolacha façon tiramisù (à droite).

La confiture de papaye douce et compacte, avec le fromage assez salé : parfait. Le gâteau de bolacha (biscuits typiquement capverdiens) était bien meilleur que la plupart des tiramisù de la plupart des restaurant italiens…

Morabeza, 61 rue de l’Amiral Mouchez, Paris 13e.

Tél. : 01 45 89 08 15

Entrées de 7,50 à 9 euros. Plats de 15 à 19 euros.  Desserts de 4 à 8 euros.

Menus : 12,50 euros, 25,50 euros et 29,50 euros.

Menu enfant : 13 euros.

Brunch le samedi, 25 euros.