Sébastien Demorand, réunion de chantier

C’est en mars qu’ouvrira à Paris Le Bel Ordinaire, un lieu voulu-imaginé-fantasmé par Sébastien Demorand. Lorsqu’il m’en a parlé, il y a quelques mois, j’ignorais encore les détails de ce qui mijotait dans sa tête – avec lui, à l’évidence, ça tournerait autour de la nourriture –, mais j’ai adoré le nom, « ordinaire », qui a ici le sens de ce qui fait un repas normal, quotidien, bien entendu. Mais accolez-lui « bel », et voilà un mot ordinaire qui soudain prend une tout autre dimension. Bref : bel+ordinaire pouvait devenir extra-ordinaire !

Il y a quelques jours, j’ai voulu revoir Sébastien, histoire d’en parler. Dans un Bel Ordinaire encore en chantier…

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Sébastien devant le bar à venir. Et son futur bureau, oui oui.

Une naissance, une philosophie

Ce lieu naîtra d’abord d’un élan collectif, celui de 104 actionnaires (dont je suis, si si, et j’en suis fière !). Être partie prenante d’une si belle aventure, c’est tout de même plus excitant qu’être actionnaire de Goldman Sachs. Je ne voulais pas rater ça : proposer de beaux et bons produits (vins, charcuteries, fromages, épicerie), pouvoir à l’occasion se restaurer autour d’une longue table de 22 couverts, ou au bar, pour croquer de délicieuses bouchées (qui ne craquerait pour un banh mi au pastrami, des kalamata d’exception, un parfait aux foies de volaille ou un vrai bon œuf mayo ?) en buvant quelques verres de vin.

In vino veritas

Du vin, tiens, parlons-en : « il y aura 200 références, explique Sébastien – bon, il a bien fallu choisir, parmi 1500 intéressantes. Mais on va bâtir un catalogue, et on pourra tourner ». Donc si un vin vous plaît, n’hésitez pas, vous risquez de ne plus le revoir avant longtemps.

Militant et responsable

Sébastien – pas tout seul, rassurez-vous – a donc pris son bâton de pèlerin pour visiter vignerons et artisans de bouche afin de sélectionner ceux qui seront présents au Bel Ordinaire. Les vins seront naturels, cultivés en biodynamie, non filtrés… Tout ce qu’on aime. La maison fera la part belle aux artisans, parce qu’aujourd’hui, il faut absolument «être militant et responsable ».

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Le personnel ?

William Mercier, ancien de la boutique Les crus du Soleil, imbattable sur tout ce qui se boit.
Nicolas Fabre aux fourneaux : Ferrandi, The Kitchen Galerie, Semilla… N’en jetez plus !
Irène Jordi : le caractère catalan d’une ancienne cuisinière.

Les architectes ?

Lucie Lepage-Depreux et Benoît Huen de l’agence Mur.Mur.
J’ai écouté Lucie me parler avec passion du merveilleux plancher en chêne noir sous la moquette et la couche de béton…

Les futures étagères et l’ancienne porte de sortie.

La lumière par la porte d’entrée et les indispensables outils.

Les prix ?

Au bar, entre 3 et 10 euros les petits grignotages ; à table entre 8 et 20 euros les plats (20 euros, c’est pour le homard). Quant aux vins, ils seront au verre ou à la bouteille. L’épicerie sera globalement abordable, mais chère à l’occasion, certains produits obligent : « un jambon ibérique, pure race, 48 mois, ne peut pas être abordable, mais un petit coup de luxe de temps en temps, pourquoi non ? »

Mais encore ?

Ah, et il y aura aussi le petit coin « bibliothèque » : empruntez un livre et lisez-le en mangeant votre couscous à la Morteau, ou bien emportez-le et rapportez-le la semaine suivante. Les livres ne seront pas seulement de cuisine… Parce qu’il n’y a pas que la cuisine dans la vie ! Quoi que…

Et puis, soyez heureux, le Bel Ordinaire va faire des petits… Une nouvelle ouverture est prévue en fin d’année et d’autres en 2018. A Paris pour l’instant, mais pourquoi pas en province par la suite. Et toujours avec le même principe d’actionnariat. Donc si vous avez manqué ce premier Bel Ordinaire, ne vous inquiétez pas, il y en aura d’autres !

Le Bel Ordinaire
54 rue de Paradis, 75010 Paris
Du mardi au samedi, de 11 h à 21 h 30.
(Ouverture courant mars 2017)

https://www.facebook.com/lebelordinaireparis/?fref=ts