Hanami à Paris

Au Japon, « hanami » ou « ohanami », est la période de l’année où tout le pays s’agrège soudain dans les parcs pour admirer, en famille et/ou entre amis, les cerisiers en fleurs. Mais que cache ce mot, hanami, ou ohanami ? Explication rapide : le « o » est un préfixe honorifique, « hana » signifie « fleur », et « mi » vient du verbe « miru », « regarder ». On pourrait donc parler d’un moment de « contemplation des fleurs de cerisier ». Car ces fleurs sont celles  des cerisiers, les « sakura », véritables emblèmes de la civilisation japonaise. Belle tradition.

Ainsi, de mi-mars à mi-avril, la météo de l’archipel nippon va-t-elle même régulièrement jusqu’à indiquer à la télévision la progression de la floraison, sachant que celle-ci est très précoce à Okinawa, où elle peut commencer en février, et très tardive à Hokkaido, où elle peut se terminer en mai.

Chaque parc nippon possède ses cerisiers et les Japonais ont coutume d’aller y piqueniquer sous les arbres, sous une délicieuse neige de pétales.

Les Japonais vivant en région parisienne, forcément en manque de cette sortie annuelle bien ancrée dans les traditions nipponnes, ont pris l’habitude de se retrouver au Parc de Sceaux où de nombreux cerisiers leur servent brièvement de refuge madeleine-de-Proust. Et, savez-vous, les Français commencent à trouver cette fête joyeuse… Fêterons-nous bientôt hanami ?

Japonaise

Pour faire comprendre l’importance de cette tradition – et promouvoir les jeux Olympiques de Tokyo 2020 –, une soirée était organisée le 27 mars 2017 au Musée des Art Décoratifs. Quelques privilégiés, dont j’étais, ont eu la chance, dans cet espace éphémère,  de goûter à la cuisine du chef Zaiyu Hasegawa du restaurant Den à Tokyo ; d’écouter du koto joué par le quartette Mieko Miyazaki ; et de découvrir les splendides mises en scène de l’artiste floral Masaru Akai, réalisées avec les magnifiques branches de 6 variétés de cerisiers arrivées le matin-même du Japon, dont la palette chromatique allait d’un rose évanescent à un rose acidulé.

Carnet de souvenirs multiples d’une soirée unique.

Les couleurs des fleurs de cerisier…

Petit voyage culinaire en photos

Monaka : une création du chef Hasegawa. Un gâteau de pâte de riz enrobe une farce de foie gras et de purée d’agrumes : un vrai délice. Traditionnellement, ce type de gâteau est garni de pâte de haricots rouges.

Saké
Saké, fleurs de cerisier salée et miel.
Oshinogi
Oshinogi : dans une feuille de cerisier marinée, une bouchée de riz au caviar. Comme un dessert, exquis.

Mukozuke : entre deux feuilles d’algue kombu, du bœuf cru mariné au kombu, fromage, feuilles et fleurs. Excellent, l’algue peut se croquer, mais elle est très dure et difficile à mâcher…

Yakimono : poisson grillé – ici du loup – mariné dans du miso et de l’ail des ours pour un goût tout à fait printanier, avec herbes, fleurs et pomme verte et acidulé.

Takiawase
Takiawase : méli-mélo de légumes (topinambour, céleri-rave, asperges, navets…) avec, caché au milieu, la signature du chef Hasegawa, un émoji !
Mizugashi
Mizugashi : ou gâteau d’eau… L’eau, c’est les fruits, ici les agrumes, dont le dessert est fait. Extrêmement frais.
Porte baguette
Et le porte-baguette : comestible !

Les sakés bus lors de cette soirée venaient de la maison Kubota. Quant à la vaisselle, il s’agissait de magnifiques plateaux de cyprès (asunaro), naturels ou laqués rouge, créés pour cette occasion par la maison Kirimoto, établie dans la ville de Wajima depuis plus de 200 ans.