Sakés de Tottori, merveilles à découvrir

Vous avez bien lu : j’ai écrit “Tottori” et non “Totoro”, le délicieux personnage créé par Hayao Miyazaki pour son film Mon voisin Totoro. Je vous parle ici de la région de Tottori, au Japon (allez voir sur la carte pour la situer). C’est la préfecture la moins peuplée de l’archipel, célèbre pour ses dunes de sable en bordure de mer, ses montagnes, en particulier le Mont Daisen, et ses sources, qui alimentent l’Ouest du Japon en eau minérale. Une eau également indispensable à la fabrication du saké, l’un des symboles du pays. Voilà où je veux en venir…

J’ai eu en effet la chance de goûter quelques-uns des sakés de Tottori à l’occasion d’un déjeuner imaginé par Keisuke Yamagishi, du restaurant Etude à Paris. L’un de ces chefs japonais qui maîtrisent parfaitement la cuisine occidentale et savent associer avec brio deux univers en apparence incompatibles. Un voyage inoubliable.

Retour en texte et images sur ce déjeuner

Pain brioché à la cacahuète et émulsion huile d’olive-cardamome : Keisuke Yamagishi cuisine sans gluten ni lactose, et c’est fort bon.

Crème de carotte au safran d’Iran, mousse de pamplemousse : sous la crème de carotte, des morceaux d’aubergine très moelleux et, sur la fraîche acidité du pamplemousse, un biscuit cacao, amer et parfumé. Avec un saké pétillant servi très frais, au parfait équilibre douceur-acidité.

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L’huile d’une île

En Croatie, au large de Split, l’ile de Brač (prononcer Bratch) regorge d’oliviers centenaires de la variété oblica (lire oblitsa), qui grandissent dans un climat sec, sous les vents marins iodés, leurs racines plongées avec délectation dans un sol crayeux.
C’est là que Christian Bouas, Toulousain à l’accent chantant (pas du tout du métier mais gourmand invétéré, ça oui !), a décidé un beau jour d’investir en achetant une oliveraie et en y créant son huile. Elle sera, décide-t-il, vierge extra, bio et non filtrée. Et c’était parti pour la grande aventure.

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La jolie bouteille Oblica, dans mon olivier parisien…

Ces jours-ci (fin octobre), c’est la cueillette…

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Le parmigiano reggiano, le premier des deux joyaux de Parme (*)

Parme, c’est une magnifique ville de la région d’Emilie-Romagne, d’une extraordinaire richesse historique. Pour en savoir plus sur ce lieu magique, il existe des livres, des reportages, que vous trouverez par vous-même. Mais c’est aussi – et ça, ça me parle directement – la patrie du parmigiano reggiano, le « parmesan » en français. J’ai eu la chance d’aller voir sur place comment ce dernier est fabriqué. Rapide voyage et deux petits films explicatifs.

(*) Le deuxième joyau (car il y en a bien plus que deux !) est le jambon de Parme. Je vous en parlerai très bientôt.

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Un cours de cuisine indonésienne

Plus de 15 000 îles, 250 millions d’habitants, un climat tropical… Et une gastronomie variée, aux multiples influences, régionales et coloniales : Malaisie, Inde, Chine, Hollande, Espagne, Portugal… innombrables sont les facettes de l’Indonésie.

Dans le cadre de la semaine Saveurs & Reflets d’Indonésie, l’École du Cordon Bleu organisait il y a peu un cours de cuisine indonésienne destiné à faire découvrir l’un des aspects de cette cuisine, l’une de ses clés incontournables : la pâte d’épices (ce que nous appelons couramment « curry ») – elle se décline en trois couleurs, blanche, jaune et rouge. Cette pâte est la base de toutes les préparations et,  raconte le chef Degan, « chaque matin, la femme indonésienne se lève tôt, va au marché et achète tout pour préparer la pâte ». Peut-être moins aujourd’hui tout de même, ces pâtes étant désormais proposées déjà prêtes dans nombre de boutiques.

Responsable de cette présentation, le chef  Degan Septoadji Suprijadi est une star en Indonésie et, outre la cuisine de son pays qu’il maîtrise parfaitement, évidemment, en sait  long sur la nôtre – il a fait une partie de ses études culinaires en Europe.

Le chef Degan et trois de ses chefs présents à l’Ecole du Cordon Bleu.

Equipe

L’équipe avec l’Ambassadeur d’Indonésie en France et son épouse.

La recette de ma mère

« La recette que je vais vous montrer est celle de ma mère. Chacun a la sienne. Vous mettez un peu plus de ceci ou de cela et la saveur sera différente. En vous promenant à travers les îles indonésiennes, vous verrez qu’elles sont très différentes. Entre Bali et Sumatra, il y a un monde ! »

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Agretti et pois-chiches

Je vous ai déjà parlé des agretti, cette petite plante acidulée qui nous vient d’Italie, à la courte saison printanière. Eh bien, ils  sont de retour, et cette fois je les ai associés à une fine galette de pois-chiche, rappelant un peu une socca. Délicieux tel quel à l’apéritif. Et pour les intolérants, c’est sans gluten.

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Socca aux agretti

(Pour 4 personnes. Préparation : 15 min. Cuisson : 30 min.)

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Wasabi, le goût du Japon

Depuis que la vague des sushi a déferlé sur la partie occidentale de la planète, chacun (ou presque) connaît le wasabi. Mais ils sont moins nombreux, ceux qui savent que cet ingrédient clé de la cuisine nipponne ne sort pas miraculeusement d’un tube, pas plus qu’il n’est une poudre magique qui se dilue à l’eau pour former une pâte (deux préparations qui sont le plus souvent des ersatz de wasabi, versions appauvries de l’original, préparées avec les pelures de la racine de wasabi et force colorant). Le wasabi, wasabia japonica, est une plante endémique du Japon où on l’utilise dans son entier, de la racine à la feuille.
Trois soirs durant, dans son restaurant Matsuhisa, à l’hôtel Royal Monceau, le chef Nobuyuki Matsuhisa, a imaginé un menu autour du wasabi frais, destiné à nous faire mieux découvrir ce goût emblématique de son pays et ses subtilités. Arigato, Nobu-san!

Chef Nobu
Nobuyuki Matsuhisa, surnommé ‘Nobu’.

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Découvrir la cuisine indonésienne, vite !

Dans le cadre de son restaurant La Bauhinia,  le Shangri-La Hotel Paris propose, jusqu’au 12 février, un festival de cuisine indonésienne – le tout premier du genre. La cuisine est réalisée par William Wongso, l’un des plus grands chefs indonésiens, dont l’inspiration se nourrit autant de la cuisine de rue que de celle des palaces.

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Vous y goûterez une cuisine fraîche, acidulée, et doucement pimentée. Petite revue des plats que j’ai eu la chance d’y savourer le 7 février au soir, en invitée privilégiée.

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Les nans ouïgours du marché de Huxi, à Shanghai

À Shanghai, non loin de la mosquée Huxi (la première de la ville à avoir rouvert, en 1979), se tient tous les vendredis un marché. Enfin, un marché… A vrai dire, ce n’en est pas vraiment un, si ce n’est pour les amateurs de fruits secs et de viande de mouton (les carcasses suspendues entières ou débitées sont largement présentes en début de marché). On parlera plutôt d’une succession de stands proposant brochettes, raviolis, pains… Toujours prête à me sacrifier, j’y ai goûté et… c’est très bon – un peu gras il est vrai, mais je n’en mange pas tous les jours !

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Le petit film ci-après Lire la suite

Karashi mentaïko, ça pique et c’est bon

Petite interrogation de cuisine japonaise : si je vous parle de « mentaïko », ça évoque quoi pour vous ? Etrange ce silence… J’en vois qui se cachent derrière leurs baguettes… Je vous avais dit de réviser… Et si j’ajoute qu’ils sont la spécialité de Hakata, dans l’île de Kyushu ? Toujours pas ? Bon, cessons la torture : ce sont des oeufs de cabillaud – et la prochaine fois que vous allez au Japon, notez bien que vous pouvez assister à un cours de préparation de mentaïko ! Ceux que j’utilise ici sont pimentés (karashi mentaïko) – mes préférés – mais on les trouve aussi nature, parfumés au yuzu, au kombu… Je les ai achetés chez K-Mart, le supermarché japonais-coréen de la rue Sainte-Anne, à Paris, et j’en ai fait deux recettes, la première classiquement japonisante et la seconde plutôt méditerranéenne… Oui, si on est grand, c’est pour s’amuser avec la nourriture !

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Ces œufs pesaient 65 g et j’en ai fait deux petites recettes pour deux. Deux bols de riz et quatre  tartines : soit, en cette période d’excès, deux recettes très légères, sans autre gras qu’un simple filet d’huile d’olive sur les tartines !

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Les anchois, du sel à l’huile

Je n’achète pas d’anchois à l’huile, ou alors très exceptionnellement : s’ils me sont recommandés, si je suis sûre de leur excellence… Parce que, la plupart du temps, ils sont « esquichés » dans de petites boîtes ou des bocaux, insipides, rachitiques et hérissés d’arêtes, le tout baignant dans une huile pas toujours excellente…

Bref, je n’achète plus que des anchois au sel. Le bocal ci-dessous vient de chez Rap, produit par la maison Frantoio di Sant’Agata d’Oneglia, en Ligurie, connue pour ses excellentes huiles d’olive. Mais vous en trouverez bien d’autres, de France, d’Italie, d’Espagne, de Grèce…

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Mes huit créations pour les pâtes japonaises de Nagasaki

Au Japon, à Nagasaki, on fabrique d’exquises pâtes à base de blé tendre : les somen, qui ne demandent pas plus de 2 minutes de cuisson, et les udon, qui cuisent, elles, en 6 minutes. Toutes deux sont très faciles à travailler, mais ne réagissent pas du tout comme les pâtes italiennes de blé dur que nous connaissons chez nous : suivez donc bien le mode d’emploi donné dans chacune des huit recettes que j’ai créées pour ces pâtes japonaises de Nagasaki (quatre pour chaque variété), à préparer en toutes saisons, et photographiées par mon complice de plus de quinze ans, Édouard Sicot. J’ai réalisé recettes, shopping et stylisme culinaire.

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Manteaux à manger

Non, non, j’insiste, ne me prenez pas pour une folle : je mange bien des manteaux ! Enfin… ceux des coquilles saint-jacques.

Allez donc savoir pourquoi, les poissonniers m’adorent quand je leur dis de ne rien faire… Gratter les poissons ? Non. Les vider ? Non plus. Les faire en filets ? Encore moins. Et pour les coquilles ? Pareil, je les veux ENTIÈRES ! Bon, c’est plus lourd et, surtout, plus encombrant que les noix seules, c’est vrai, mais c’est si facile à ouvrir, à nettoyer, à décoquiller. Apprenez comment procéder chez Chef Simon (ici).

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Une fois la coquille ouverte, Lire la suite

De la fonte

La marque japonaise Oigen propose entre autres (regardez ici en japonais et ici en anglais, vous y verrez plein d’autres merveilles !) des cocottes et des poêles en fonte noire non émaillée. Je les avais remarquées lors du Salon Culinaire Shoku-É (présentant des merveilles de la culture japonaise encore inconnues chez nous) d’avril 2016 mais, m’avait-on dit, elles n’étaient pas tout à fait au point pour le marché français. Lors du dernier salon d’octobre, quelle joie de les retrouver, encore plus belles et plus design.

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Fruits d’été sautés et kasutera de Nagasaki

Le kasutera (ou castella) est une spécialité de la ville de Nagasaki. Celui que vous voyez ici, fabriqué par la célèbre maison Fukusaya, m’a été rapporté de là-bas. C’est un biscuit léger, souple, légèrement spongieux et humide, au délicat goût de miel. Le castella (devenu « kasutera » dans son adaptation japonaise), comme la tempura ou les korokké (croquettes), est arrivé au Japon dans les bagages des Portugais, les barbares du Sud, comme on désignait alors les Européens venus commercer avec le Japon, au 16e siècle. Tout ça, c’est de l’Histoire, mais il n’en reste pas moins que kasutera, tempura et korokké sont devenus des classiques de la cuisine japonaise.

J’adore le kasutera tel quel, mais j’ai aimé le préparer avec des fruits de saison à peine sautés dans un filet d’huile d’olive – vous pouvez utiliser du beurre, mais huile d’olive et miel, pêches et abricots, thym et basilic, c’est un doux résumé du Sud !

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Le kasutera de la maison Fukusaya ou l’art de l’effeuillage à la japonaise !

(Pour 2 personnes. Préparation : 10 min. Cuisson : 5 min.)

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