Croquer les olives

C’est la saison de la cueillette des olives. Elle est déjà terminée dans certaines régions et pas encore commencée dans d’autres. Selon les variétés d’oliviers, le goût que l’on veut donner à son huile… J’ai acheté des olives fraîches, je veux dires crues comme tout autre fruit, chez Rap, où l’adorable Alessandra Pierini m’a expliquée que dans les Pouilles, on les mangeait sautées, à l’apéritif. Aussitôt dit, aussitôt acheté.

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Me voici avec des olives noires ou violettes et légèrement fripées ou vertes et plutôt lisses. Je les ai évidemment goûtées crues. Et bien évidemment, les noires étaient assez douces et les vertes très amères. Et après cuisson ? Pareil. Sauf que la pulpe des olives était devenue fondante, délicieuse écrasée sur une tartine de pain grillé –  bon, attention aux noyaux quand même ! Ou encore ajoutée en fin de cuisson d’un poulet rôti ou d’un gigot d’agneau, de légumes rôtis au four…

Alors, si vous avez des oliviers dans votre jardin mais pas assez pour faire votre huile d’olive grand cru, n’hésitez pas. C’est plus facile à faire que les olives en saumure. Et c’est très bon.

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Olives rôties

(Pour 6 à 8 personnes. Préparation : 10 min. Cuisson : 5 min.)

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Le Jardin des Sens, aventures à Saïgon

Le Jardin des Sens a vu le jour à Montpellier en 1988, né du désir des frères Jacques et Laurent Pourcel, cuisiniers jumeaux (l’un ne va pas sans l’autre chez eux !) et de leur complice Olivier Château. Depuis, le lieu initial a disparu mais renaîtra dans quelques années dans un magnifique hôtel particulier du XVIIe siècle, l’Hôtel Richer de Belleval, qui fut le premier hôtel de ville de Montpellier. En attendant, les frères et leur complice essaiment dans le monde entier : les voici maintenant à Saïgon-Hô-Chi-Min-ville, avec un nouveau lieu confié à un chef bien français, Richard Toix.
« Une fois les enfants ayant quitté le nid », Richard et son épouse Laure ont vendu leur restaurant (Passions et gourmandises, à Saint-Benoît, Vienne) pour se lancer dans cette aventure. Ils n’avaient jamais caché leur amour pour l’Asie. A Saïgon, Richard fait la cuisine qu’il a toujours faite, belle, goûteuse, inventive et joyeuse. Il utilise le plus possible des produits locaux –  « J’en découvre sans cesse » –, et il est surtout heureux d’enseigner sa passion aux chefs du cru. Un passeur indispensable.

Depuis son ouverture, le 15 janvier, le restaurant de désemplit pas et a déjà ses habitués. Un très bon signe. Sans aucun doute, Les frères Pourcel ont encore frappé. Dans le bon sens, évidemment !

Petit voyage en images, avec la complicité de mon reporter-photographe préféré, Gabriel Gauffre. Qui, lui, a goûté et a vraiment aimé.

Richard Toix

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Baumanière, le Paradis en Enfer Épisode 3 : Déjeuner au Prieuré

Après un déjeuner à La Cabro d’Or, un dîner à L’Oustau, me voici déjeunant au Prieuré. Située à Villeneuve-les-Avignon, la maison est dans le domaine Baumanière depuis 10 ans. Ici, même ambiance que dans les autres établissements, tout ce qui fait que l’on se sent bien, chouchouté, dès l’arrivée.

• Déjeuner au Prieuré

 

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La salle du restaurant. Photo ©Johan Meallier

 

 

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Baumanière, le Paradis en Enfer Épisode 2 : Dîner à L’Oustau

Hier, je vous parlais de La Cabro d’Or. Aujourd’hui, vient le tour de L’Oustau, pour un dîner inoubliable, grâce la magnifique cuisine de Glenn Viel et aux desserts ébouriffants de Brandon Dehan.

Un œil en cuisine…

Pour patienter, une petite fourmi sur une nappe en papier, comme un pique-nique : cromesquis d’oreille de cochon, tartelette lard fumé-cornichon, trulle (boudin noir) et radis. Tout bon !

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Baumanière, le Paradis en Enfer Épisode 1 : Déjeuner à La Cabro d’Or

Au cœur du Val d’Enfer se niche un véritable paradis : Baumanière, soit une Provence préservée, presque de carte postale, aux pieds des Baux-de-Provence, dans un paysage grandiose.

Baumanière, c’est une histoire qui s’étale sur trois générations : en 1945, Raymond Thuilier, le grand-père de Jean-André Charial – qui préside aujourd’hui, avec son épouse Geneviève, aux destinées du domaine  –, ouvre une jolie maison lOustau de Baumanière, hôtel de charme et restaurant gastronomique. Puis, en 1961, à 900 mètre de là, un second établissement plus simple, plus familial, La Cabro d’Or. Jean-André, officie alors en salle et ne s’y sent pas vraiment à l’aise. Au point qu’un jour un client dit à Raymond Thuilier, l’aïeul : « Dites, votre petit-fils, il est pas gracieux ! ».

Oh, je l’imagine bien cette phrase, avec son vocabulaire joliment désuet (qui emploie encore l’adjectif gracieux aujourd’hui, avec ce sens-là en plus ?), et dite à la manière des acteurs de films de Pagnol, avec le ton, et obligatoirement le bel accent du Sud !

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Geneviève et Jean-André Charial. Photo DR.

La décision est vite prise : Jean-André abandonne la salle pour explorer la cuisine…

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Angèle, la Provence au cœur

Angèle – plus exactement Angèle Confiserie, est la dénomination d’une petite maison provençale qui a tout d’une grande. « Angèle, à cause de Pagnol/Giono, bien sûr », me diront certains en brandissant leur DVD de référence ! Et bien non : à cause d’une arrière-grand-mère, celle de Guillaume Pascal, le mari de Stéphanie, les « parents » de la maison Angèle, donc.

L’histoire commence en 1989, quand Jacques Eugène, chocolatier et apiculteur, fonde « La Confiserie des Garrigues », petite entreprise artisanale de Salernes, aux portes des gorges du Verdon. Stéphanie connait bien la maison, elle y travaille. Quand Jacques Eugène, « Monsieur Eugène » comme elle l’appelle, décide en 2016 de prendre sa retraite, le couple Stéphanie-Guillaume Pascal reprend la maison.

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Qui sont les Pascal ?

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Le marché de Croix-de-vie

Des villes côtières de la Vendée, il en est une où mes vadrouilles estivales me conduisent régulièrement : Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Confessons-le, outre le plaisir de la proximité de l’océan – rare à Paris – et celui de la sardine, l’un des trésors de la pêche locale – activité rarissime dans la capitale –, j’y suis (surtout ?) attirée par le nombre de marchés qui s’y bousculent. Trois à Saint-Gilles, deux à Croix-de-Vie chaque semaine, soit cinq pour l’ensemble de ces deux villages qui, depuis 1967, ont su transformer le pont qui les séparait en lien qui les unit, pour former une même petite ville, installée sur les deux rives de la Vie – ça ne s’invente pas, puisque tel est le nom du cours d’eau qui court en son cœur…

Petite balade en images sur le marché de Croix-de-vie

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Le prosciutto di Parma, le deuxième joyau de Parme

Après le parmigiano reggiano, voici un autre régal italien, le prosciutto di Parma, autrement dit : le jambon de Parme. Comme le parmesan, ce jambon est soumis à des règles strictes établies par le Consortium du jambon de Parme, qui garantissent aux acheteurs un produit d’excellence. Et il est AOP depuis 1996.

Visite d’un site de production à Langhirano

Le salage

Les cuisses de porc qui arrivent sur le lieu de production du jambon pèsent au minimum 15 kilos et proviennent de porcs nés et élevés dans une zone géographique délimitée (nord et centre de l’Italie), n’ayant consommé que des céréales et du petit lait issu de la fabrication du parmigiano reggiano. Les cuisses sont parées (les parures sont utilisés en charcuterie) puis salées au gros sel de mer et stockées 24 jours à 3° maximum. Pendant cette période, on ajoute deux fois du sel.

0 Salage

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Le parmigiano reggiano, le premier des deux joyaux de Parme (*)

Parme, c’est une magnifique ville de la région d’Emilie-Romagne, d’une extraordinaire richesse historique. Pour en savoir plus sur ce lieu magique, il existe des livres, des reportages, que vous trouverez par vous-même. Mais c’est aussi – et ça, ça me parle directement – la patrie du parmigiano reggiano, le « parmesan » en français. J’ai eu la chance d’aller voir sur place comment ce dernier est fabriqué. Rapide voyage et deux petits films explicatifs.

(*) Le deuxième joyau (car il y en a bien plus que deux !) est le jambon de Parme. Je vous en parlerai très bientôt.

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Christophe Hay-Édouard Loubet : repas à 4 mains, entre Loire et Lubéron

29 mars, journée de beau soleil printanier. Journée idéale pour prendre la route de Montlivault. Nous étions ce jour-là une poignée à converger vers ce village tranquille du Loir-et-Cher, dans l’enceinte de La Maison d’à Côté, pour y découvrir un menu conçu et réalisé à 4 mains par Christophe Hay, le maître des lieux, et Édouard Loubet, venu depuis la Provence. Soit le choc de deux terroirs qu’on pourrait difficilement imaginer plus « opposés ». Quand la Loire se frotte soudain au Lubéron, le résultat est ébouriffant !

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Complicité entre Édouard Loubet (à gauche) et Christophe Hay (à droite).

Le cadre de cette rencontre ? La Maison d’à côté, donc, juste en face de l’église de Montlivault : un lieu calme, cosy, où l’on se pose avec plaisir. Une belle cuisine ouverte, des fauteuils confortables, un accueil délicieux… Bref tout ce qu’il faut pour se lancer dans l’aventure. Revue de détail.

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Balade hivernale à Shanghai

En janvier 2017, j’ai passé trois semaines à Shanghai. Je vous ai déjà fait partager une partie de mes expériences au cœur de la mégalopole, mais j’en ai en outre rapporté quelques images de rue – autour de tout ce qui se mange, évidemment. Sur la voie publique, bien sûr, mais aussi sur les marchés et dans les supermarchés, tant ce que l’on y trouve est varié et éclectique. En pleine évolution, mais obstinément traditionnel, attendu et pourtant si inattendu. Chinois, quoi.

• La mer

Poissons frais, coquillages, algues, méduses…

On trouve des poissons frais sur les marchés ou dans les supermarchés, sur les étals, en barquettes ou en aquarium (avec même un vrai poisson mort dedans !)

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À Shanghai, c’est Akrame !

Je vous avais murmuré (ici et ) que l’un de nos chefs bien-aimés allait ouvrir à Shanghai. Le “secret” (relatif) peut désormais être levé, puisque le lieu a ouvert le 1er mars. Alors…

Le chef ? Oui, c’est bien Akrame.

Le restaurant ? Il s’appelle Akmé (comme acmé, mais avec le K d’Akrame).

Le lieu ? En plein cœur de la FFC (Former French Concession, l’ancienne concession française), à deux pas du consulat de France – entre autres représentations diplomatiques. Soit l’un des quartiers les plus prisés de la métropole, avec ses vieilles et souvent belles maisons et ses jolies rues ombragées par des platanes jadis plantés par les Français. L’on s’y croirait parfois, en se promenant le soir, et sans grand effort d’imagination, dans une ville du Midi… de la France.

Le très beau bâtiment du restaurant Akmé, et l’entrée. Dans les étages, un restaurant chinois, un club privé…

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Shanghai, paradis perdu ?

Le ciel – ou le paradis – perdu c’est, en français, le nom du restaurant Lost Heaven, installé dans l’Ancienne Concession Française. Nostalgie d’une époque révolue, ou hommage volontaire à John Milton ? Je n’en sais pas plus…
Accolé à Lost Bakerydont je vous ai déjà parlé, le bâtiment du restaurant inclut au rez-de-chaussée un espace consacré à la gastronomie, More than eat avec, entre autres, une boucherie, une épicerie et un bar à huîtres… Quant au premier étage, celui du restaurant Lost Heaven Silk Road, c’est un très vaste espace coloré, presque kitsch, avec une jolie terrasse, fermée en hiver.
On y  déguste une cuisine délicieuse, loin de ce que l’on peut traditionnellement savourer dans la plupart des établissements de la métropole chinoise. Normal, on propose ici des recettes issues de la Chine ancienne, de celles que l’on pouvait/peut déguster le long de la fameuse « route de la Soie ». Recettes toutefois retravaillées dans l’esprit du temps.

Les escaliers et le bar.

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Shanghai à la baguette

À Shanghai, comme partout où se concentrent des Français, les boulangeries fleurissent, balises et carrefours de la communauté francophone et au-delà. Mais le pain que l’on trouve dans ces magasins n’est pas toujours, loin s’en faut, d’une qualité transcendante – c’est même un euphémisme.

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Chez Lost Bakery (758 Julu lu), Lire la suite