Paris, capitale du safran

Elles sont quatre, quatre sœurs, et elles ont décidé de cultiver du safran. Oui, mais sur les toits de Paris. On connaissait les toits végétalisés où fleurissent les potagers, les ruches qui donnent le meilleur des miels, mais pas encore le safran.

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C’est le défi que se sont lancé Amela, Louise, Philippine et Bérengère du Bessey. Pour cela, elles ont créé Bien élevées, une « maison d’agriculture urbaine ». Jusqu’à présent, elles cultivent le magnifique crocus sativus à l’Institut du Monde Arabe et sur les 700 m2 du toit du Monoprix Daviel, dans le 13e arrondissement de Paris.

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Stéphane Jégo : le citron noir ou l’éloge de la lenteur

Outre son talent de chef, Stéphane Jégo est aussi un infatigable chercheur. L’homme passe son temps à inventer toutes sortes de folies comestibles qu’il utilise ensuite dans sa cuisine. Mais cette fois, il a aussi pensé aux autres, à ses collègues bien sûr, mais aussi à vous et moi : il vendra sa création sur son site et dans quelques boutiques choisies.

Parmi les préparations qu’il utilise au quotidien et que vous allez apercevoir dans les images du déjeuner où j’ai été invitée, citons :
– Le Maritime breton : bouillon de crevettes séché et déshydraté.
– Le Sable maraîcher : persil,  amandes, chapelure.
– La Terre brûlée : oignons grillé, noisettes, laurier, origan, romarin.
– Le Citron-picon : réduction  jus de citron noir-picon.

Sa dernière création en date ?
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Anna Bini, passion à partager

Anna Bini est une femme extraordinaire. Elle a fait resplendir la cuisine italienne à Paris, dès 1989, en créant Casa Bini, un délicieux et vrai restaurant italien, aujourd’hui géré par son fils.
Mais cette jeune Florentine de 80 ans passés, aux cheveux blancs et aux yeux bleus pétillants, aime transmettre ce qu’elle connaît le mieux : la cuisine. Non contente d’enseigner à Florence, la voici de retour à Paris pour des cours joyeux où chacun met la main à la pâte (d’accord, c’était facile, étant donné que j’ai participé à un cours sur les raviolis !).

Voici un petit film sur ce cours passionnant (les participants sont bruyants !) – moi, les raviolis que je faisais avec ma mère, d’origine certifiée 100% Italie du Sud, je ne les façonnais pas ainsi. Donc je suis ravie d’avoir appris une technique différente. Que je mettrai en pratique sans aucun doute !

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Fish4Ever, le meilleur de la pêche

Êtes-vous, comme moi, amateur de thon et de sardines en boîte ? (Dans mon cas, on pourra y déceler quelque chose d’héréditaire, étant donné l’activité de la génération Scotto précédente dans la conserverie !) Si oui, vous allez adorer Fish4Ever. Cette société britannique travaille les produits de la mer (thon, mais aussi sardines, anchois, saumon, maquereau…) dans une optique de pêche totalement durable. Et bio, pour ce qui est des huiles et autres aromates. Charles Redfern, son fondateur, répond à mes questions.

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« J’ai toujours été à la pointe de la bio, encore plus depuis Lire la suite

Alain Passard, un cuisinier en son jardin

On ne présente plus, ou quasiment plus, Alain Passard. C’est en 1986 qu’il a ouvert, à Paris, son célèbre restaurant, L’Arpège. Depuis, cet homme a bouleversé le paysage de la gastronomie parisienne, française et mondiale, en tablant dès 2001 sur l’importance croissante du végétal dans la cuisine. Aujourd’hui cela peut paraître banal — des tables végétariennes ou véganes ouvrent presque toutes les 30 secondes (j’exagère à peine) —, mais son approche était alors loin de faire l’unanimité. On lui prédisait un rapide retour à la « normale ». Heureusement, il n’en fut rien.

Depuis, Alain Passard a fait l’acquisition de trois jardins (les potagers de Fillé, dans la Sarthe, et de Bois-Giroult dans l’Eure, ainsi que le jardin des Porteaux, face à la baie du Mont Saint-Michel) qui lui fournissent les fruits et légumes qu’il cuisine au quotidien.

Je l’ai rencontré il y a quelques jours et nous avons parlé végétal, mais pas que, et surtout de la tomate, cette beauté si malmenée.

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Le chef Alain Passard.

Quelques extraits de cette conversation, comme autant de pages d’un herbier fabuleux. D’un jardin extraordinaire…

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Un cours de cuisine indonésienne

Plus de 15 000 îles, 250 millions d’habitants, un climat tropical… Et une gastronomie variée, aux multiples influences, régionales et coloniales : Malaisie, Inde, Chine, Hollande, Espagne, Portugal… innombrables sont les facettes de l’Indonésie.

Dans le cadre de la semaine Saveurs & Reflets d’Indonésie, l’École du Cordon Bleu organisait il y a peu un cours de cuisine indonésienne destiné à faire découvrir l’un des aspects de cette cuisine, l’une de ses clés incontournables : la pâte d’épices (ce que nous appelons couramment « curry ») – elle se décline en trois couleurs, blanche, jaune et rouge. Cette pâte est la base de toutes les préparations et,  raconte le chef Degan, « chaque matin, la femme indonésienne se lève tôt, va au marché et achète tout pour préparer la pâte ». Peut-être moins aujourd’hui tout de même, ces pâtes étant désormais proposées déjà prêtes dans nombre de boutiques.

Responsable de cette présentation, le chef  Degan Septoadji Suprijadi est une star en Indonésie et, outre la cuisine de son pays qu’il maîtrise parfaitement, évidemment, en sait  long sur la nôtre – il a fait une partie de ses études culinaires en Europe.

Le chef Degan et trois de ses chefs présents à l’Ecole du Cordon Bleu.

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L’équipe avec l’Ambassadeur d’Indonésie en France et son épouse.

La recette de ma mère

« La recette que je vais vous montrer est celle de ma mère. Chacun a la sienne. Vous mettez un peu plus de ceci ou de cela et la saveur sera différente. En vous promenant à travers les îles indonésiennes, vous verrez qu’elles sont très différentes. Entre Bali et Sumatra, il y a un monde ! »

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Sébastien Demorand, réunion de chantier

C’est en mars qu’ouvrira à Paris Le Bel Ordinaire, un lieu voulu-imaginé-fantasmé par Sébastien Demorand. Lorsqu’il m’en a parlé, il y a quelques mois, j’ignorais encore les détails de ce qui mijotait dans sa tête – avec lui, à l’évidence, ça tournerait autour de la nourriture –, mais j’ai adoré le nom, « ordinaire », qui a ici le sens de ce qui fait un repas normal, quotidien, bien entendu. Mais accolez-lui « bel », et voilà un mot ordinaire qui soudain prend une tout autre dimension. Bref : bel+ordinaire pouvait devenir extra-ordinaire !

Il y a quelques jours, j’ai voulu revoir Sébastien, histoire d’en parler. Dans un Bel Ordinaire encore en chantier…

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Shanghai, c’est chaud !

C’est l’histoire de deux Shanghaïens d’adoption, Kobe et Andrew, un Manchou et un Américain, qui étaient faits pour se rencontrer. En l’occurrence, la main du destin se prénommait Gabriel, un ami commun français qui, les voyant avec fascination, chacun de son côté, dans tous les lieux où ils dînaient, sortir de leurs poches des petits flacons de sauce rouge bien pimentée, décida de les mettre en relation.

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Dans un premier temps, Kobe et Andrew Lire la suite

Oh, la belle vie au Clair de la Plume !

Dans le village historique de Grignan, magnifique carte postale de la Drôme provençale, existe un hôtel-restaurant ouvert 365 (ou 366) jours par an – assez rare pour être signalé. Il s’appelle Le Clair de la Plume et, depuis 2013, y officie un jeune chef passionné et passionnant, Julien Allano. J’y suis allée pour caver la truffe… Hélas encore absente, ou presque ! En tout cas, aucune n’était assez mûre ni assez parfumée pour Gusto et Hélice – les deux chien truffiers dont je vous parlerai plus loin.

Le Clair de la Plume, une jolie maison rose, sa verrière et ses chambres chargées d’histoire.

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Takashi Kinoshita, jeune talent Gault&Millau 2017 Bourgogne-Franche-Comté

Je vous avais dit ici que ce chef était un très grand. Le voici récompensé par le Gault&Millau 2017. C’est une belle nouvelle pour lui et le Château de Courban. Allez goûter sa cuisine, elle en vaut vraiment la peine.

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Voici ce que j’en disais en septembre 2016, après une exquise soirée au Château de Courban où il officie :

« Le chef, Takashi Kinoshita, est japonais. Tout jeune, ce Tokyoïte de naissance savait déjà qu’il serait cuisinier, au grand dam de sa famille. Après l’école hôtelière, Takashi travaille dans un restaurant français de Tokyo, puis arrive dans notre pays pour y faire ses classes chez Jean-Claude Billoux : « C’est la découverte totale ! Tellement différent de ce que je n’avais vu que dans les livres : le pâté en croûte, les fruits, la concentration des goûts si particulière à la cuisine française pour nous qui travaillons la subtilité du dashi (LE bouillon japonais). Je suis ensuite parti en Belgique où j’ai découvert le goût fumé, aussi bien pour la charcuterie que pour la volaille et le poisson. Enfin, j’ai travaillé à Vaison-la-Romaine, chez le regretté Robert Bardot : nous nous comprenions très bien, il était lillois et je connaissais la cuisine du Nord. Je suis à Courban depuis un peu plus d’un an. J’aime travailler les produits de la région, comme la viande, qui vient d’un boucher de Troyes, et nous allons agrandir le potager. Le pain est fait ici, avec de la farine qui vient de Chatillon-sur-Seine ; quant aux poissons, ils arrivent de Bretagne ». A la question : Quel chef admirez-vous ? Takashi Kinoshita répond : « Gagnaire, Robuchon et Piège ». Allez vite goûter sa cuisine, c’est vraiment celle d’un “très grand ” !»

L’article complet est ici.

Un cours avec Stéphane Jégo

Le 19 septembre dernier, dans le cadre d’Op’n kitchen – des ateliers proposés par chefs ou particuliers – j’ai eu la chance de suivre un cours dispensé par le chef Stéphane Jégo.

Si vous ne le connaissez pas, courrez à L’Ami Jean, à quelques pas de la Tour Eiffel, vous délecter dans son établissement. On le dit grande gueule, parce qu’il a le verbe haut et la voix qui porte ? C’est en réalité un nounours, passionné, solide, généreux et fidèle en amitié.

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Ce soir-là, Stéphane nous a préparé une émulsion de vieux parmesan, un cuit-cru de saumon brûlé et une crème au citron. Sur la petite vidéo que je vous propose ci-après, vous apprendrez tout de sa délicieuse crème au citron – dont je vous glisse la recette, avec proportions et explications, juste après la vidéo.

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La vie de Château à Courban

Lorsque Pierre Vandendriessche, décorateur lillois, se porte acquéreur d’une vieille bâtisse à Courban, dans la Côte d’Or, il y voit d’abord l’occasion de se procurer une simple maison de vacances familiale. Hélas, les enfants de la famille auront vite fait de quitter le nid fantasmé par leurs parents, et Pierre et son épouse se retrouvent rapidement dans une maison soudain devenue trop grande. Le couple va bientôt louer des chambres aux chasseurs de passage – d’autant que la région, au Nord de la Bourgogne, à la limite de la Champagne, est très giboyeuse. Ainsi va germer peu à peu l’idée de faire de la demeure un hôtel et naîtra, quelques années plus tard, le Château de Courban, ravissant hôtel 4 étoiles pourvu d’une excellente table.

Depuis 2012, ce sont les enfants de Pierre, Frédéric et Jérôme, qui sont aux manettes. Vous ne pouvez les manquer, ils sont d’une élégance et d’une originalité remarquables. Je ne vous en dis pas plus, à vous de les découvrir !

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Et si on allait chez Castel ? Oui, chez Benoît Castel !

Il y a 16 mois que Benoît Castel a investi les locaux de l’ancienne maison Ganachaud, sur les hauteurs de Ménilmontant, en y installant sa pâtisserie-boulangerie Liberté –l’un de ces nouveaux lieux qui ont vite pris toute leur place dans le paysage urbain parisien. Mais au fait, pourquoi ce nom, « Liberté » ?
« Parce que tout y est transparent, je ne cache rien. J’aime que les clients voient comment on travaille, et les produits que l’on travaille ».

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Après avoir été aux commandes de la partie sucrée de La Grande Épicerie, Benoît Castel a ouvert Joséphine Bakery, qu’il dirige toujours, puis les trois magasins Liberté.

Liberté Ménilmontant, c’est un beau et vaste lieu où l’on peut déguster un café et dévorer une pâtisserie à toute heure et même, le week-end, s’attabler plus longuement pour un brunch paresseux.

Deux grands espaces – boulangerie-pâtisserie d’un côté, salle à manger de l’autre –, séparés, ou plutôt réunis, par un mini-laboratoire où se concocte une partie des délices salées et sucrées inscrites à l’ardoise. Un autre laboratoire, beaucoup plus grand, où sont préparés pains et pâtisseries, occupe une partie du sous-sol. Lire la suite