Stéphane Jégo : le citron noir ou l’éloge de la lenteur

Outre son talent de chef, Stéphane Jégo est aussi un infatigable chercheur. L’homme passe son temps à inventer toutes sortes de folies comestibles qu’il utilise ensuite dans sa cuisine. Mais cette fois, il a aussi pensé aux autres, à ses collègues bien sûr, mais aussi à vous et moi : il vendra sa création sur son site et dans quelques boutiques choisies.

Parmi les préparations qu’il utilise au quotidien et que vous allez apercevoir dans les images du déjeuner où j’ai été invitée, citons :
– Le Maritime breton : bouillon de crevettes séché et déshydraté.
– Le Sable maraîcher : persil,  amandes, chapelure.
– La Terre brûlée : oignons grillé, noisettes, laurier, origan, romarin.
– Le Citron-picon : réduction  jus de citron noir-picon.

Sa dernière création en date ?
Lire la suite

Anna Bini, passion à partager

Anna Bini est une femme extraordinaire. Elle a fait resplendir la cuisine italienne à Paris, dès 1989, en créant Casa Bini, un délicieux et vrai restaurant italien, aujourd’hui géré par son fils.
Mais cette jeune Florentine de 80 ans passés, aux cheveux blancs et aux yeux bleus pétillants, aime transmettre ce qu’elle connaît le mieux : la cuisine. Non contente d’enseigner à Florence, la voici de retour à Paris pour des cours joyeux où chacun met la main à la pâte (d’accord, c’était facile, étant donné que j’ai participé à un cours sur les raviolis !).

Voici un petit film sur ce cours passionnant (les participants sont bruyants !) – moi, les raviolis que je faisais avec ma mère, d’origine certifiée 100% Italie du Sud, je ne les façonnais pas ainsi. Donc je suis ravie d’avoir appris une technique différente. Que je mettrai en pratique sans aucun doute !

Lire la suite

Fish4Ever, le meilleur de la pêche

Êtes-vous, comme moi, amateur de thon et de sardines en boîte ? (Dans mon cas, on pourra y déceler quelque chose d’héréditaire, étant donné l’activité de la génération Scotto précédente dans la conserverie !) Si oui, vous allez adorer Fish4Ever. Cette société britannique travaille les produits de la mer (thon, mais aussi sardines, anchois, saumon, maquereau…) dans une optique de pêche totalement durable. Et bio, pour ce qui est des huiles et autres aromates. Charles Redfern, son fondateur, répond à mes questions.

Charles Redfern.jpg

« J’ai toujours été à la pointe de la bio, encore plus depuis Lire la suite

Alain Passard, un cuisinier en son jardin

On ne présente plus, ou quasiment plus, Alain Passard. C’est en 1986 qu’il a ouvert, à Paris, son célèbre restaurant, L’Arpège. Depuis, cet homme a bouleversé le paysage de la gastronomie parisienne, française et mondiale, en tablant dès 2001 sur l’importance croissante du végétal dans la cuisine. Aujourd’hui cela peut paraître banal — des tables végétariennes ou véganes ouvrent presque toutes les 30 secondes (j’exagère à peine) —, mais son approche était alors loin de faire l’unanimité. On lui prédisait un rapide retour à la « normale ». Heureusement, il n’en fut rien.

Depuis, Alain Passard a fait l’acquisition de trois jardins (les potagers de Fillé, dans la Sarthe, et de Bois-Giroult dans l’Eure, ainsi que le jardin des Porteaux, face à la baie du Mont Saint-Michel) qui lui fournissent les fruits et légumes qu’il cuisine au quotidien.

Je l’ai rencontré il y a quelques jours et nous avons parlé végétal, mais pas que, et surtout de la tomate, cette beauté si malmenée.

Portrait
Le chef Alain Passard.

Quelques extraits de cette conversation, comme autant de pages d’un herbier fabuleux. D’un jardin extraordinaire…

Lire la suite

Un cours de cuisine indonésienne

Plus de 15 000 îles, 250 millions d’habitants, un climat tropical… Et une gastronomie variée, aux multiples influences, régionales et coloniales : Malaisie, Inde, Chine, Hollande, Espagne, Portugal… innombrables sont les facettes de l’Indonésie.

Dans le cadre de la semaine Saveurs & Reflets d’Indonésie, l’École du Cordon Bleu organisait il y a peu un cours de cuisine indonésienne destiné à faire découvrir l’un des aspects de cette cuisine, l’une de ses clés incontournables : la pâte d’épices (ce que nous appelons couramment « curry ») – elle se décline en trois couleurs, blanche, jaune et rouge. Cette pâte est la base de toutes les préparations et,  raconte le chef Degan, « chaque matin, la femme indonésienne se lève tôt, va au marché et achète tout pour préparer la pâte ». Peut-être moins aujourd’hui tout de même, ces pâtes étant désormais proposées déjà prêtes dans nombre de boutiques.

Responsable de cette présentation, le chef  Degan Septoadji Suprijadi est une star en Indonésie et, outre la cuisine de son pays qu’il maîtrise parfaitement, évidemment, en sait  long sur la nôtre – il a fait une partie de ses études culinaires en Europe.

Le chef Degan et trois de ses chefs présents à l’Ecole du Cordon Bleu.

Equipe

L’équipe avec l’Ambassadeur d’Indonésie en France et son épouse.

La recette de ma mère

« La recette que je vais vous montrer est celle de ma mère. Chacun a la sienne. Vous mettez un peu plus de ceci ou de cela et la saveur sera différente. En vous promenant à travers les îles indonésiennes, vous verrez qu’elles sont très différentes. Entre Bali et Sumatra, il y a un monde ! »

Lire la suite

Sébastien Demorand, réunion de chantier

C’est en mars qu’ouvrira à Paris Le Bel Ordinaire, un lieu voulu-imaginé-fantasmé par Sébastien Demorand. Lorsqu’il m’en a parlé, il y a quelques mois, j’ignorais encore les détails de ce qui mijotait dans sa tête – avec lui, à l’évidence, ça tournerait autour de la nourriture –, mais j’ai adoré le nom, « ordinaire », qui a ici le sens de ce qui fait un repas normal, quotidien, bien entendu. Mais accolez-lui « bel », et voilà un mot ordinaire qui soudain prend une tout autre dimension. Bref : bel+ordinaire pouvait devenir extra-ordinaire !

Il y a quelques jours, j’ai voulu revoir Sébastien, histoire d’en parler. Dans un Bel Ordinaire encore en chantier…

sd-2-ok

Lire la suite

Shanghai, c’est chaud !

C’est l’histoire de deux Shanghaïens d’adoption, Kobe et Andrew, un Manchou et un Américain, qui étaient faits pour se rencontrer. En l’occurrence, la main du destin se prénommait Gabriel, un ami commun français qui, les voyant avec fascination, chacun de son côté, dans tous les lieux où ils dînaient, sortir de leurs poches des petits flacons de sauce rouge bien pimentée, décida de les mettre en relation.

img_7967

Dans un premier temps, Kobe et Andrew Lire la suite