Les joies de la lecture

Créé à la fin du XIXe siècle, Le Cordon Bleu se présentait comme une « revue illustrée de cuisine pratique ». Et en effet, cette publication regorgeait de recettes : cuisine « élémentaire », avec des recettes de soupes ; cuisine « bourgeoise » (qui ferait aujourd’hui un déjeuner « de 4 couverts », avec hors-d’œuvre, salade de céleri-rémoulade, saucisson de ménage, œufs brouillés aux croûtons, foie de veau à la moissonneuse, compote de pommes à la crème ?) ; « haute-cuisine » (les filets de sole Washington, dont l’explication s’étale sur… 4 pages) ; « petite correspondance », où lecteurs et lectrices demandaient des recettes ou proposaient les leurs ; jolies illustrations de « parisiennes » avec chapeaux et ombrelles ; quelques photos didactiques (« lever les filets de sole ») ; publicités joyeuses (imaginez une publicité en Une d’un journal !) ; et enfin la signature d’Henri Pellaprat, rédacteur en chef (qui signe d’ailleurs quelques articles, les autres étant anonymes)… Bref un journal de cuisine de son temps, comme on en a beaucoup aujourd’hui.

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Paris-Pékin 1984-1987 : le grand bond en arrière

En 1984, Stéphan Lagorce a à peine 22 ans, déjà une solide expérience en cuisine, et des rêves plein la tête. Quoi de plus naturel que d’acquiescer à la proposition de Pierre Cardin, qui vient d’ouvrir Maxim’s à Pékin ? Il y sera chef. Visionnaire, Pierre Cardin, nous dit Stéphan Lagorce : « Vous raconterez des choses stupéfiantes à vos petits-enfants. C’est vous qui devriez me payer pour aller à Pékin ». Et c’est à nous, lecteurs, que Stéphan raconte aujourd’hui ses quatre ans dans la capitale chinoise, à travers un petit livre réjouissant, Cuisine, marxisme et autres fantaisies*.

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L’histoire commence comme un film de Buster Keaton ou de Charlie Chaplin.. Lire la suite

Végéterrien, un nouveau concept ?

Je suis le travail de Bernard Laurance depuis longtemps. Son blog, La cuisine de Bernard, est un régal (je vous en avais parlé ici) et ses livres donnent toujours envie de cuisiner. A propos de livre, justement, il vient de publier Végéterrien, un titre qui dit :
1. que nous sommes terriens – et là personne ne peut le contredire.
2. qu’il vaut mieux consommer végétal qu’animal.
Disons-le tout de suite, je ne suis pas végétarienne. Je suis un être humain qui se nourrit, comme tel, de végétal et d’animal. Ce qui ne signifie absolument pas « s’empiffrer » de viande, volaille ou poisson. Non, j’en consomme peu, de temps en temps et, surtout, en choisissant ce que je mange. Choisir, contrairement à ce que l’on dit parfois (trop souvent), est à la portée de tous. Il vaut mieux manger de temps à autre une bonne viande, bien élevée, en petite quantité, que souvent n’importe quoi acheté en supermarché ou en surgelé – allez voir votre boucher ou votre poissonnier, achetez au marché et surtout, posez des questions ! Autrefois, pour décrire ce régime alimentaire, ancestral raisonné, on utilisait le mot « omnivore », tout simplement. Et puis, les gens comme moi sont soudain devenus des « flexitariens »…  Soit. J’assume, jusqu’à la prochaine mode. Alors, je suis peut-être flexitarienne, très « flexi », mais ça ne m’empêche pas d’apprécier grandement le travail fait dans ce livre ! En matière de gastronomie aussi, je suis pour prendre le meilleur dans chaque école. Vive la cuisine laïque (un nouveau concept ?) !

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Les joies de la marée, par Patrick Cadour

Autant vous le dire tout de suite, je suis née au bord de la Méditerranée. Alors la marée m’est à peine plus connue que les rivages de la Mer de la Tranquillité… Quant à la côte atlantique, mes pieds – pour ne parler que d’eux – ne l’ont pas découverte avant mes 20 ans. C’est dire que les joies des balades interminables à marée basse furent pour moi une découverte tardive même si très agréable…

Patrick Cadour, lui, est un Breton pur beurre, même si la vie l’a surpris à se baguenauder le long d’autres rives, notamment africaines.

Patrick, je l’ai connu il y a quelques années via son blog Cuisine de la mer, un vrai bonheur d’écriture et de recettes. Allez vous y prélasser, je parie que vous adorerez. Que d’heures ai-je passé à m’esclaffer devant ses mots ! Combien de recettes ai-je suivies… J’en ai perdu le compte !

J’ai ensuite « rencontré » Patrick grâce aux « réseaux sociaux » – qui remplissent parfois leur fonction proclamée –, puis un jour, par hasard à Paris, au sortir d’un magasin d’alimentation coréen (ben voyons !)… il y rentrait – ou l’inverse. Il m’a annoncé qu’il travaillait à un livre. Chose annoncée, chose faite : ce livre je l’ai là, entre les mains.

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Noma au Japon : suivre sa voie

Je ne suis jamais allée au Noma* de René Redzepi. Ni à Copenhague ni ailleurs (Tokyo, Melbourne, ou Mexico en ce moment). J’ai toujours trouvé étrange l’engouement pour ce chef, devenu rapidement l’homme à suivre absolument – ou à abattre. Parce que son restaurant a quatre fois remporté le titre à la fois envié et décrié de « Meilleur restaurant du monde » dans le classement du World’s 50 Best. Jusqu’à sa fermeture en 2015, où il a décidé de se lancer dans une nouvelle aventure, parce qu’il en a eu soudain « marre de la routine. Pourquoi ne pas faire ça dans un nouvel endroit ? ».

Et puis, il y a peu, me voilà invitée à la projection de Noma au Japon, un film sur, précisément, la première de ses aventures choisies, l’expérience de Redzepi à Tokyo. Curiosité, intérêt, découverte, étonnement. Parlons-en.

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