Champagne !

Oubliez les footballeurs et leurs millions, les stars et leurs excentricités, les jeunes P.-D.G. de la Silicon Valley… Non, les premiers consommateurs de champagne au monde sont… les Français ! Voilà qui est heureux pour le pays qui l’a créé.

Les Français, en effet, consomment en moyenne 9 bouteilles de champagne par an : une jolie moyenne, non ? Un breuvage de fête qui, n’en doutons pas, est réservé à célébrer tous les moments marquants de la vie. Qui imagine une naissance, un mariage et pourquoi pas un divorce, sans champagne ? C’est là qu’est le problème, se désole Antoine Gerbelle, co-auteur avec Sébastien Demorand de cet ouvrage pétillant, Le champagne, dix façons de l’accompagner : « C’est toujours et encore à l’apéritif ou en fin de repas ».

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D’où la mission que ce sont fixé les auteurs : faire du champagne un vin de repas comme un autre, le désacraliser pour mieux le valoriser. Mais attention, pas un repas de luxe, trop facile, mais un repas plus quotidien, avec une pointe d’inventivité. C’est le pari ici lancé à dix chefs, qui ont préféré radis, poireaux, sardines, œuf, calmars et autres choux de Bruxelles, aux truffes, homards et caviar de certains de leur collègues traditionalistes. Le résultat : dix joyeuses recettes, toutes suivies d’un conseil avisé pour le choix de la bulle appropriée.

Cuisinez, choisissez le bon champagne – demandez à votre caviste préféré – et régalez-vous, comme avec la recette toute simple que j’ai retenue pour vous donner envie : L’œuf mayonnaise, ivre de champagne. Je l’ai réécrite pour que vous ayez envie de la faire là toute de suite, mais allez la lire (p. 5), c’est un régal de poésie !

L’œuf mayonnaise, ivre de champagne

Recette de Nicolas Fabre, Le Bel ordinaire

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L’œuf mayonnaise,  ivre de champagne, le soir de la présentation du livre au Bel Ordinaire.

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Le Jardin des Sens, aventures à Saïgon

Le Jardin des Sens a vu le jour à Montpellier en 1988, né du désir des frères Jacques et Laurent Pourcel, cuisiniers jumeaux (l’un ne va pas sans l’autre chez eux !) et de leur complice Olivier Château. Depuis, le lieu initial a disparu mais renaîtra dans quelques années dans un magnifique hôtel particulier du XVIIe siècle, l’Hôtel Richer de Belleval, qui fut le premier hôtel de ville de Montpellier. En attendant, les frères et leur complice essaiment dans le monde entier : les voici maintenant à Saïgon-Hô-Chi-Min-ville, avec un nouveau lieu confié à un chef bien français, Richard Toix.
« Une fois les enfants ayant quitté le nid », Richard et son épouse Laure ont vendu leur restaurant (Passions et gourmandises, à Saint-Benoît, Vienne) pour se lancer dans cette aventure. Ils n’avaient jamais caché leur amour pour l’Asie. A Saïgon, Richard fait la cuisine qu’il a toujours faite, belle, goûteuse, inventive et joyeuse. Il utilise le plus possible des produits locaux –  « J’en découvre sans cesse » –, et il est surtout heureux d’enseigner sa passion aux chefs du cru. Un passeur indispensable.

Depuis son ouverture, le 15 janvier, le restaurant de désemplit pas et a déjà ses habitués. Un très bon signe. Sans aucun doute, Les frères Pourcel ont encore frappé. Dans le bon sens, évidemment !

Petit voyage en images, avec la complicité de mon reporter-photographe préféré, Gabriel Gauffre. Qui, lui, a goûté et a vraiment aimé.

Richard Toix

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Stéphane Jégo : le citron noir ou l’éloge de la lenteur

Outre son talent de chef, Stéphane Jégo est aussi un infatigable chercheur. L’homme passe son temps à inventer toutes sortes de folies comestibles qu’il utilise ensuite dans sa cuisine. Mais cette fois, il a aussi pensé aux autres, à ses collègues bien sûr, mais aussi à vous et moi : il vendra sa création sur son site et dans quelques boutiques choisies.

Parmi les préparations qu’il utilise au quotidien et que vous allez apercevoir dans les images du déjeuner où j’ai été invitée, citons :
– Le Maritime breton : bouillon de crevettes séché et déshydraté.
– Le Sable maraîcher : persil,  amandes, chapelure.
– La Terre brûlée : oignons grillé, noisettes, laurier, origan, romarin.
– Le Citron-picon : réduction  jus de citron noir-picon.

Sa dernière création en date ?
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Baumanière, le Paradis en Enfer Épisode 3 : Déjeuner au Prieuré

Après un déjeuner à La Cabro d’Or, un dîner à L’Oustau, me voici déjeunant au Prieuré. Située à Villeneuve-les-Avignon, la maison est dans le domaine Baumanière depuis 10 ans. Ici, même ambiance que dans les autres établissements, tout ce qui fait que l’on se sent bien, chouchouté, dès l’arrivée.

• Déjeuner au Prieuré

 

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La salle du restaurant. Photo ©Johan Meallier

 

 

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Baumanière, le Paradis en Enfer Épisode 2 : Dîner à L’Oustau

Hier, je vous parlais de La Cabro d’Or. Aujourd’hui, vient le tour de L’Oustau, pour un dîner inoubliable, grâce la magnifique cuisine de Glenn Viel et aux desserts ébouriffants de Brandon Dehan.

Un œil en cuisine…

Pour patienter, une petite fourmi sur une nappe en papier, comme un pique-nique : cromesquis d’oreille de cochon, tartelette lard fumé-cornichon, trulle (boudin noir) et radis. Tout bon !

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Baumanière, le Paradis en Enfer Épisode 1 : Déjeuner à La Cabro d’Or

Au cœur du Val d’Enfer se niche un véritable paradis : Baumanière, soit une Provence préservée, presque de carte postale, aux pieds des Baux-de-Provence, dans un paysage grandiose.

Baumanière, c’est une histoire qui s’étale sur trois générations : en 1945, Raymond Thuilier, le grand-père de Jean-André Charial – qui préside aujourd’hui, avec son épouse Geneviève, aux destinées du domaine  –, ouvre une jolie maison lOustau de Baumanière, hôtel de charme et restaurant gastronomique. Puis, en 1961, à 900 mètre de là, un second établissement plus simple, plus familial, La Cabro d’Or. Jean-André, officie alors en salle et ne s’y sent pas vraiment à l’aise. Au point qu’un jour un client dit à Raymond Thuilier, l’aïeul : « Dites, votre petit-fils, il est pas gracieux ! ».

Oh, je l’imagine bien cette phrase, avec son vocabulaire joliment désuet (qui emploie encore l’adjectif gracieux aujourd’hui, avec ce sens-là en plus ?), et dite à la manière des acteurs de films de Pagnol, avec le ton, et obligatoirement le bel accent du Sud !

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Geneviève et Jean-André Charial. Photo DR.

La décision est vite prise : Jean-André abandonne la salle pour explorer la cuisine…

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Fukushima, 7 ans de réflexion

Sept ans. Il y a sept ans que ce nom, Fukushima, toponyme tout simple jusqu’alors inconnu pour la plupart, a brisé notre cœur. Ceux qui les ont vécues, en direct ou en différé, n’oublieront jamais ces terribles images de mort et de destruction, sur fond de centrale nucléaire au bord de l’explosion. Et qui dit centrale nucléaire dit radioactivité (le premier qui me dit que le nucléaire est la plus propre des énergies…). Car ce qui est terrible avec la radioactivité, c’est qu’on ne la voit ni ne la sent. On la mesure – avez-vous vu les magnifiques images des environs de Tchernobyl rendus à la nature, où les animaux s’ébattent en toute liberté (normal, l’homme n’est plus là) ? Mais la radioactivité, elle, demeure, et pour longtemps. Tout comme à Fukushima.
Après Tchernobyl et Fukushima, becquerel, sievertcésium, cadmium, strontium, plutonium se sont gravés à jamais dans nos têtes… Synonymes de pollution nucléaire, sans doute pour des milliers et même des millions d’années, avec laquelle il faut, il faudra, pour les générations à venir, vivre.

Alors quelle ne fut pas ma surprise lorsque je reçus, il y a peu, une invitation à aller déguster… les produits de Fukushima. Mais on ne peut non plus contraindre un pays à rayer une région entière de sa carte, surtout quand il s’agit du Japon – un si petit pays. Et quand on sait que Fukushima et sa région est riche de fruits et légumes, de poissons, de bovins… Allez, n’écoutant que ma curiosité, j’y suis allée. Et l’on a tenté de m’y convaincre que tous les produits qui franchissent les frontières de l’Europe, du Japon ou d’ailleurs, sont strictement analysés. Je n’ai aucun doute là-dessus mais… sont-ils pour autant bons pour notre santé ? C’est une autre histoire, me direz-vous, et les scandales alimentaires abondent : vache folle ou aux hormones, huile frelatée, œufs contaminés, poulets à la dioxine…

Je suis donc allée fouiner du côté du site de l’Union Européenne et franchement, c’est très compliqué… Mais je suis tombée sur cette info, qui devrait nous rassurer. Et allez donc faire un tour sur le site de Michèle Rivasi, députée européenne Europe Écologie, en pointe dans toutes les combats pour l’écologie.

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Le goût des Orties

Orties, c’est le nom d’un restaurant parisien – mais aussi, pour les amateurs dont je suis, le titre français d’un ouvrage du Japonais Junichiro Tanizaki, qui conte le lent effritement d’un couple…  Mais c’est une autre histoire. Disons juste que j’aime beaucoup ce titre. Parce qu’il dit le goût, justement. Celui des orties, pauvres mal-aimées dont on oublie trop souvent qu’une fois travaillées, cuites, elle sont exquises, et bourrées de bonnes choses (protéines, fer, vitamine A, oligo-éléments…).
Chez Orties, vous en trouverez de ces bonnes-mauvaises herbes, naturelles, sauvages ou très bien élevées. Comme tout ce que l’on y mange : frais, de saison, et travaillé quotidiennement par Thomas Benady, jeune chef réservé, mais sans aucun doute déterminé.

Et pile en face du restaurant, Orties Cave vous propose des vins, bien sûr, mais aussi quelques mets de choix, des huîtres, du jambon français, du miel…

Petit voyage en images goûteuses (décembre 2017)

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Petits pains soufflés à l’anchois : croustillants dehors et fondants dedans.

 

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Paris-Pékin 1984-1987 : le grand bond en arrière

En 1984, Stéphan Lagorce a à peine 22 ans, déjà une solide expérience en cuisine, et des rêves plein la tête. Quoi de plus naturel que d’acquiescer à la proposition de Pierre Cardin, qui vient d’ouvrir Maxim’s à Pékin ? Il y sera chef. Visionnaire, Pierre Cardin, nous dit Stéphan Lagorce : « Vous raconterez des choses stupéfiantes à vos petits-enfants. C’est vous qui devriez me payer pour aller à Pékin ». Et c’est à nous, lecteurs, que Stéphan raconte aujourd’hui ses quatre ans dans la capitale chinoise, à travers un petit livre réjouissant, Cuisine, marxisme et autres fantaisies*.

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L’histoire commence comme un film de Buster Keaton ou de Charlie Chaplin.. Lire la suite

Les « carciofi alla giudia » de Denny Imbroisi

Les « carciofi alla giudia » (artichauts à la juive) sont une spécialité romaine, l’une de ces merveilles que les initiés dégustaient autrefois dans les petites trattorias pas chères et discrètes du Trastevere, quartier populaire de Rome en passe de gentrification.

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À Paris, Denny Imbroisi  nous en propose son interprétation.

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Un cours de cuisine indonésienne

Plus de 15 000 îles, 250 millions d’habitants, un climat tropical… Et une gastronomie variée, aux multiples influences, régionales et coloniales : Malaisie, Inde, Chine, Hollande, Espagne, Portugal… innombrables sont les facettes de l’Indonésie.

Dans le cadre de la semaine Saveurs & Reflets d’Indonésie, l’École du Cordon Bleu organisait il y a peu un cours de cuisine indonésienne destiné à faire découvrir l’un des aspects de cette cuisine, l’une de ses clés incontournables : la pâte d’épices (ce que nous appelons couramment « curry ») – elle se décline en trois couleurs, blanche, jaune et rouge. Cette pâte est la base de toutes les préparations et,  raconte le chef Degan, « chaque matin, la femme indonésienne se lève tôt, va au marché et achète tout pour préparer la pâte ». Peut-être moins aujourd’hui tout de même, ces pâtes étant désormais proposées déjà prêtes dans nombre de boutiques.

Responsable de cette présentation, le chef  Degan Septoadji Suprijadi est une star en Indonésie et, outre la cuisine de son pays qu’il maîtrise parfaitement, évidemment, en sait  long sur la nôtre – il a fait une partie de ses études culinaires en Europe.

Le chef Degan et trois de ses chefs présents à l’Ecole du Cordon Bleu.

Equipe

L’équipe avec l’Ambassadeur d’Indonésie en France et son épouse.

La recette de ma mère

« La recette que je vais vous montrer est celle de ma mère. Chacun a la sienne. Vous mettez un peu plus de ceci ou de cela et la saveur sera différente. En vous promenant à travers les îles indonésiennes, vous verrez qu’elles sont très différentes. Entre Bali et Sumatra, il y a un monde ! »

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Quinsou, le calme retrouvé

La maison d’Antonin Bonnet, Quinsou, est un modèle de calme – on la dirait presque « dépouillée ». Nulle fioriture dans cette salle en longueur avec son grand miroir piqué et ses tables de bois. Reposant. Comme la cuisine d’Antonin Bonnet, où rien n’est inutile. Une cuisine en apparence brute mais en réalité infiniment travaillée, précise, limpide, raffinée. Une cuisine à l’image du chef : un homme tranquille, farouche, aux mots pesés, qui ne se départit jamais de son apparente tranquillité. Une sorte d’énigme ? Je ne connais pas très bien Antonin Bonnet, mais j’aime sa cuisine. Et ça me suffit.
Pourquoi ai-je parlé, en titre, de calme retrouvé ? Antonin Bonnet, c’était Le sergent recruteur, un excellent restaurant qui a  sombré avec le projet « jeune rue » qui, on le sait, vira au fiasco. Mais ça, c’était avant. Et Antonin a voulu  aller de l’avant…

Nous sommes allées déjeuner chez Quinsou, à trois. Trois femmes. Et nous avons aimé. Beaucoup.

En photos – et un peu de texte quand même –,  notre déjeuner, juste histoire de vous mettre l’eau à la bouche.

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Pascade : Antonin Bonnet invité d’Alexandre Bourdas

Pour qui n’est pas familier de la pascade (comme moi, mais je vis avec un homme qui a mangé celle de sa grand-mère toute son enfance !), il s’agit d’une spécialité aveyronnaise, une sorte de crêpe soufflée cuite au four.
Le chef Alexandre Bourdas, aveyronnais « exilé » à Honfleur – où il a ouvert son restaurant SaQuaNa (Saveur-Qualité-Nature, mais en japonais la même sonorité s’écrit sakana et signifie poisson) – a décidé de faire découvrir aux non initiés non pas LA pascade, celle du souvenir de mon homme, mais SA pascade, dans son restaurant parisien. Et régulièrement, Alexandre invite un chef à en créer une qu’il inscrit à la carte de son « restaurant de pascades ». En mai et juin, c’est son complice Antonin Bonnet (ils se sont connus chez Michel Bras il y a plus de 20 ans), le chef du tout beau tout nouveau Quinsou, qui passe derrière les fourneaux.

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La pascade d’Antonin Bonnet est fraîche et légère, parfaitement printanière. On y trouve des poireaux, des blettes, du pack choï, des herbes… Un œuf mollet et des noisettes croustillantes. Tous les parfums qu’affectionne Antonin Bonnet, ceux de notre terroir et ceux de la lointaine Asie. Allez la goûter, elle coûte 19 euros.

Restaurant Pascade – Alexandre Bourdas
14 rue Daunou, 75002 Paris
Tél. : + 33 1 42 60 11 00
Du mardi au samedi.

Restaurant Quinsou – Antonin Bonnet
33 rue de L’Abbé Grégoire, 75006 Paris
Tél. : + 33 1 42 22 66 09
Du mardi au samedi.

Wasabi, le goût du Japon

Depuis que la vague des sushi a déferlé sur la partie occidentale de la planète, chacun (ou presque) connaît le wasabi. Mais ils sont moins nombreux, ceux qui savent que cet ingrédient clé de la cuisine nipponne ne sort pas miraculeusement d’un tube, pas plus qu’il n’est une poudre magique qui se dilue à l’eau pour former une pâte (deux préparations qui sont le plus souvent des ersatz de wasabi, versions appauvries de l’original, préparées avec les pelures de la racine de wasabi et force colorant). Le wasabi, wasabia japonica, est une plante endémique du Japon où on l’utilise dans son entier, de la racine à la feuille.
Trois soirs durant, dans son restaurant Matsuhisa, à l’hôtel Royal Monceau, le chef Nobuyuki Matsuhisa, a imaginé un menu autour du wasabi frais, destiné à nous faire mieux découvrir ce goût emblématique de son pays et ses subtilités. Arigato, Nobu-san!

Chef Nobu
Nobuyuki Matsuhisa, surnommé ‘Nobu’.

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