Sakés de Tottori, merveilles à découvrir

Vous avez bien lu : j’ai écrit “Tottori” et non “Totoro”, le délicieux personnage créé par Hayao Miyazaki pour son film Mon voisin Totoro. Je vous parle ici de la région de Tottori, au Japon (allez voir sur la carte pour la situer). C’est la préfecture la moins peuplée de l’archipel, célèbre pour ses dunes de sable en bordure de mer, ses montagnes, en particulier le Mont Daisen, et ses sources, qui alimentent l’Ouest du Japon en eau minérale. Une eau également indispensable à la fabrication du saké, l’un des symboles du pays. Voilà où je veux en venir…

J’ai eu en effet la chance de goûter quelques-uns des sakés de Tottori à l’occasion d’un déjeuner imaginé par Keisuke Yamagishi, du restaurant Etude à Paris. L’un de ces chefs japonais qui maîtrisent parfaitement la cuisine occidentale et savent associer avec brio deux univers en apparence incompatibles. Un voyage inoubliable.

Retour en texte et images sur ce déjeuner

Pain brioché à la cacahuète et émulsion huile d’olive-cardamome : Keisuke Yamagishi cuisine sans gluten ni lactose, et c’est fort bon.

Crème de carotte au safran d’Iran, mousse de pamplemousse : sous la crème de carotte, des morceaux d’aubergine très moelleux et, sur la fraîche acidité du pamplemousse, un biscuit cacao, amer et parfumé. Avec un saké pétillant servi très frais, au parfait équilibre douceur-acidité.

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Confucius, Shandong et raviolis : un conte chinois

Il était une fois, il y a quelques années, Boulevard de l’Hôpital à Paris, un restaurant chinois qui s’appelait Délice du Shandong. Un jour, ce modeste restaurant ouvrit une antenne vingt numéros plus bas, même artère, même trottoir. J’ai alors imaginé un Délice du Shandong 2… Que nenni ! C’était faire fi de la complexité chinoise. Le nouveau venu s’appelle… Au pays de Confucius et le premier (Délice du Shandong donc) a été rebaptisé L’Empire du ravioli. Encore plus fou, les assiettes d’Au pays de Confucius sont toujours estampillées « Délice du Shandong »… (Et le site internet s’appelle, lui, Délice de Shandong !)

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C’est clair, vous suivez toujours ?

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Le Jardin des Sens, aventures à Saïgon

Le Jardin des Sens a vu le jour à Montpellier en 1988, né du désir des frères Jacques et Laurent Pourcel, cuisiniers jumeaux (l’un ne va pas sans l’autre chez eux !) et de leur complice Olivier Château. Depuis, le lieu initial a disparu mais renaîtra dans quelques années dans un magnifique hôtel particulier du XVIIe siècle, l’Hôtel Richer de Belleval, qui fut le premier hôtel de ville de Montpellier. En attendant, les frères et leur complice essaiment dans le monde entier : les voici maintenant à Saïgon-Hô-Chi-Min-ville, avec un nouveau lieu confié à un chef bien français, Richard Toix.
« Une fois les enfants ayant quitté le nid », Richard et son épouse Laure ont vendu leur restaurant (Passions et gourmandises, à Saint-Benoît, Vienne) pour se lancer dans cette aventure. Ils n’avaient jamais caché leur amour pour l’Asie. A Saïgon, Richard fait la cuisine qu’il a toujours faite, belle, goûteuse, inventive et joyeuse. Il utilise le plus possible des produits locaux –  « J’en découvre sans cesse » –, et il est surtout heureux d’enseigner sa passion aux chefs du cru. Un passeur indispensable.

Depuis son ouverture, le 15 janvier, le restaurant de désemplit pas et a déjà ses habitués. Un très bon signe. Sans aucun doute, Les frères Pourcel ont encore frappé. Dans le bon sens, évidemment !

Petit voyage en images, avec la complicité de mon reporter-photographe préféré, Gabriel Gauffre. Qui, lui, a goûté et a vraiment aimé.

Richard Toix

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Stéphane Jégo : le citron noir ou l’éloge de la lenteur

Outre son talent de chef, Stéphane Jégo est aussi un infatigable chercheur. L’homme passe son temps à inventer toutes sortes de folies comestibles qu’il utilise ensuite dans sa cuisine. Mais cette fois, il a aussi pensé aux autres, à ses collègues bien sûr, mais aussi à vous et moi : il vendra sa création sur son site et dans quelques boutiques choisies.

Parmi les préparations qu’il utilise au quotidien et que vous allez apercevoir dans les images du déjeuner où j’ai été invitée, citons :
– Le Maritime breton : bouillon de crevettes séché et déshydraté.
– Le Sable maraîcher : persil,  amandes, chapelure.
– La Terre brûlée : oignons grillé, noisettes, laurier, origan, romarin.
– Le Citron-picon : réduction  jus de citron noir-picon.

Sa dernière création en date ?
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Baumanière, le Paradis en Enfer Épisode 3 : Déjeuner au Prieuré

Après un déjeuner à La Cabro d’Or, un dîner à L’Oustau, me voici déjeunant au Prieuré. Située à Villeneuve-les-Avignon, la maison est dans le domaine Baumanière depuis 10 ans. Ici, même ambiance que dans les autres établissements, tout ce qui fait que l’on se sent bien, chouchouté, dès l’arrivée.

• Déjeuner au Prieuré

 

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La salle du restaurant. Photo ©Johan Meallier

 

 

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Baumanière, le Paradis en Enfer Épisode 2 : Dîner à L’Oustau

Hier, je vous parlais de La Cabro d’Or. Aujourd’hui, vient le tour de L’Oustau, pour un dîner inoubliable, grâce la magnifique cuisine de Glenn Viel et aux desserts ébouriffants de Brandon Dehan.

Un œil en cuisine…

Pour patienter, une petite fourmi sur une nappe en papier, comme un pique-nique : cromesquis d’oreille de cochon, tartelette lard fumé-cornichon, trulle (boudin noir) et radis. Tout bon !

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Baumanière, le Paradis en Enfer Épisode 1 : Déjeuner à La Cabro d’Or

Au cœur du Val d’Enfer se niche un véritable paradis : Baumanière, soit une Provence préservée, presque de carte postale, aux pieds des Baux-de-Provence, dans un paysage grandiose.

Baumanière, c’est une histoire qui s’étale sur trois générations : en 1945, Raymond Thuilier, le grand-père de Jean-André Charial – qui préside aujourd’hui, avec son épouse Geneviève, aux destinées du domaine  –, ouvre une jolie maison lOustau de Baumanière, hôtel de charme et restaurant gastronomique. Puis, en 1961, à 900 mètre de là, un second établissement plus simple, plus familial, La Cabro d’Or. Jean-André, officie alors en salle et ne s’y sent pas vraiment à l’aise. Au point qu’un jour un client dit à Raymond Thuilier, l’aïeul : « Dites, votre petit-fils, il est pas gracieux ! ».

Oh, je l’imagine bien cette phrase, avec son vocabulaire joliment désuet (qui emploie encore l’adjectif gracieux aujourd’hui, avec ce sens-là en plus ?), et dite à la manière des acteurs de films de Pagnol, avec le ton, et obligatoirement le bel accent du Sud !

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Geneviève et Jean-André Charial. Photo DR.

La décision est vite prise : Jean-André abandonne la salle pour explorer la cuisine…

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Le goût des Orties

Orties, c’est le nom d’un restaurant parisien – mais aussi, pour les amateurs dont je suis, le titre français d’un ouvrage du Japonais Junichiro Tanizaki, qui conte le lent effritement d’un couple…  Mais c’est une autre histoire. Disons juste que j’aime beaucoup ce titre. Parce qu’il dit le goût, justement. Celui des orties, pauvres mal-aimées dont on oublie trop souvent qu’une fois travaillées, cuites, elle sont exquises, et bourrées de bonnes choses (protéines, fer, vitamine A, oligo-éléments…).
Chez Orties, vous en trouverez de ces bonnes-mauvaises herbes, naturelles, sauvages ou très bien élevées. Comme tout ce que l’on y mange : frais, de saison, et travaillé quotidiennement par Thomas Benady, jeune chef réservé, mais sans aucun doute déterminé.

Et pile en face du restaurant, Orties Cave vous propose des vins, bien sûr, mais aussi quelques mets de choix, des huîtres, du jambon français, du miel…

Petit voyage en images goûteuses (décembre 2017)

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Petits pains soufflés à l’anchois : croustillants dehors et fondants dedans.

 

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Jium, cantine coréenne

Dans le 15e arrondissement de Paris, à deux pas de la rue du Commerce, Jium est un petit restaurant coréen qui a ouvert ses portes depuis quelques mois : une petite salle, lumineuse, 20 couverts, un joli carrelage au sol, de simples carreaux blancs pour séparer la cuisine ouverte de la salle, des tables en bois brut et leurs chaises dépareillées, des sets de table en papier recyclé et des menus imprimés sur des feuilles de classeur d’écolier. Sans oublier les paniers de courses encore pleins près de la porte, comme si l’on venait de rentrer du marché. Du coup, on les imagine pour le service du soir : tout donne à penser que l’on se trouvera bien en ce lieu qui respire la simplicité et la fraîcheur.

 

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Les « carciofi alla giudia » de Denny Imbroisi

Les « carciofi alla giudia » (artichauts à la juive) sont une spécialité romaine, l’une de ces merveilles que les initiés dégustaient autrefois dans les petites trattorias pas chères et discrètes du Trastevere, quartier populaire de Rome en passe de gentrification.

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À Paris, Denny Imbroisi  nous en propose son interprétation.

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Alain Passard, un cuisinier en son jardin

On ne présente plus, ou quasiment plus, Alain Passard. C’est en 1986 qu’il a ouvert, à Paris, son célèbre restaurant, L’Arpège. Depuis, cet homme a bouleversé le paysage de la gastronomie parisienne, française et mondiale, en tablant dès 2001 sur l’importance croissante du végétal dans la cuisine. Aujourd’hui cela peut paraître banal — des tables végétariennes ou véganes ouvrent presque toutes les 30 secondes (j’exagère à peine) —, mais son approche était alors loin de faire l’unanimité. On lui prédisait un rapide retour à la « normale ». Heureusement, il n’en fut rien.

Depuis, Alain Passard a fait l’acquisition de trois jardins (les potagers de Fillé, dans la Sarthe, et de Bois-Giroult dans l’Eure, ainsi que le jardin des Porteaux, face à la baie du Mont Saint-Michel) qui lui fournissent les fruits et légumes qu’il cuisine au quotidien.

Je l’ai rencontré il y a quelques jours et nous avons parlé végétal, mais pas que, et surtout de la tomate, cette beauté si malmenée.

Portrait
Le chef Alain Passard.

Quelques extraits de cette conversation, comme autant de pages d’un herbier fabuleux. D’un jardin extraordinaire…

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Quinsou, le calme retrouvé

La maison d’Antonin Bonnet, Quinsou, est un modèle de calme – on la dirait presque « dépouillée ». Nulle fioriture dans cette salle en longueur avec son grand miroir piqué et ses tables de bois. Reposant. Comme la cuisine d’Antonin Bonnet, où rien n’est inutile. Une cuisine en apparence brute mais en réalité infiniment travaillée, précise, limpide, raffinée. Une cuisine à l’image du chef : un homme tranquille, farouche, aux mots pesés, qui ne se départit jamais de son apparente tranquillité. Une sorte d’énigme ? Je ne connais pas très bien Antonin Bonnet, mais j’aime sa cuisine. Et ça me suffit.
Pourquoi ai-je parlé, en titre, de calme retrouvé ? Antonin Bonnet, c’était Le sergent recruteur, un excellent restaurant qui a  sombré avec le projet « jeune rue » qui, on le sait, vira au fiasco. Mais ça, c’était avant. Et Antonin a voulu  aller de l’avant…

Nous sommes allées déjeuner chez Quinsou, à trois. Trois femmes. Et nous avons aimé. Beaucoup.

En photos – et un peu de texte quand même –,  notre déjeuner, juste histoire de vous mettre l’eau à la bouche.

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Pascade : Antonin Bonnet invité d’Alexandre Bourdas

Pour qui n’est pas familier de la pascade (comme moi, mais je vis avec un homme qui a mangé celle de sa grand-mère toute son enfance !), il s’agit d’une spécialité aveyronnaise, une sorte de crêpe soufflée cuite au four.
Le chef Alexandre Bourdas, aveyronnais « exilé » à Honfleur – où il a ouvert son restaurant SaQuaNa (Saveur-Qualité-Nature, mais en japonais la même sonorité s’écrit sakana et signifie poisson) – a décidé de faire découvrir aux non initiés non pas LA pascade, celle du souvenir de mon homme, mais SA pascade, dans son restaurant parisien. Et régulièrement, Alexandre invite un chef à en créer une qu’il inscrit à la carte de son « restaurant de pascades ». En mai et juin, c’est son complice Antonin Bonnet (ils se sont connus chez Michel Bras il y a plus de 20 ans), le chef du tout beau tout nouveau Quinsou, qui passe derrière les fourneaux.

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La pascade d’Antonin Bonnet est fraîche et légère, parfaitement printanière. On y trouve des poireaux, des blettes, du pack choï, des herbes… Un œuf mollet et des noisettes croustillantes. Tous les parfums qu’affectionne Antonin Bonnet, ceux de notre terroir et ceux de la lointaine Asie. Allez la goûter, elle coûte 19 euros.

Restaurant Pascade – Alexandre Bourdas
14 rue Daunou, 75002 Paris
Tél. : + 33 1 42 60 11 00
Du mardi au samedi.

Restaurant Quinsou – Antonin Bonnet
33 rue de L’Abbé Grégoire, 75006 Paris
Tél. : + 33 1 42 22 66 09
Du mardi au samedi.