Alain Passard, un cuisinier en son jardin

On ne présente plus, ou quasiment plus, Alain Passard. C’est en 1986 qu’il a ouvert, à Paris, son célèbre restaurant, L’Arpège. Depuis, cet homme a bouleversé le paysage de la gastronomie parisienne, française et mondiale, en tablant dès 2001 sur l’importance croissante du végétal dans la cuisine. Aujourd’hui cela peut paraître banal — des tables végétariennes ou véganes ouvrent presque toutes les 30 secondes (j’exagère à peine) —, mais son approche était alors loin de faire l’unanimité. On lui prédisait un rapide retour à la « normale ». Heureusement, il n’en fut rien.

Depuis, Alain Passard a fait l’acquisition de trois jardins (les potagers de Fillé, dans la Sarthe, et de Bois-Giroult dans l’Eure, ainsi que le jardin des Porteaux, face à la baie du Mont Saint-Michel) qui lui fournissent les fruits et légumes qu’il cuisine au quotidien.

Je l’ai rencontré il y a quelques jours et nous avons parlé végétal, mais pas que, et surtout de la tomate, cette beauté si malmenée.

Portrait
Le chef Alain Passard.

Quelques extraits de cette conversation, comme autant de pages d’un herbier fabuleux. D’un jardin extraordinaire…

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Quinsou, le calme retrouvé

La maison d’Antonin Bonnet, Quinsou, est un modèle de calme – on la dirait presque « dépouillée ». Nulle fioriture dans cette salle en longueur avec son grand miroir piqué et ses tables de bois. Reposant. Comme la cuisine d’Antonin Bonnet, où rien n’est inutile. Une cuisine en apparence brute mais en réalité infiniment travaillée, précise, limpide, raffinée. Une cuisine à l’image du chef : un homme tranquille, farouche, aux mots pesés, qui ne se départit jamais de son apparente tranquillité. Une sorte d’énigme ? Je ne connais pas très bien Antonin Bonnet, mais j’aime sa cuisine. Et ça me suffit.
Pourquoi ai-je parlé, en titre, de calme retrouvé ? Antonin Bonnet, c’était Le sergent recruteur, un excellent restaurant qui a  sombré avec le projet « jeune rue » qui, on le sait, vira au fiasco. Mais ça, c’était avant. Et Antonin a voulu  aller de l’avant…

Nous sommes allées déjeuner chez Quinsou, à trois. Trois femmes. Et nous avons aimé. Beaucoup.

En photos – et un peu de texte quand même –,  notre déjeuner, juste histoire de vous mettre l’eau à la bouche.

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Pascade : Antonin Bonnet invité d’Alexandre Bourdas

Pour qui n’est pas familier de la pascade (comme moi, mais je vis avec un homme qui a mangé celle de sa grand-mère toute son enfance !), il s’agit d’une spécialité aveyronnaise, une sorte de crêpe soufflée cuite au four.
Le chef Alexandre Bourdas, aveyronnais « exilé » à Honfleur – où il a ouvert son restaurant SaQuaNa (Saveur-Qualité-Nature, mais en japonais la même sonorité s’écrit sakana et signifie poisson) – a décidé de faire découvrir aux non initiés non pas LA pascade, celle du souvenir de mon homme, mais SA pascade, dans son restaurant parisien. Et régulièrement, Alexandre invite un chef à en créer une qu’il inscrit à la carte de son « restaurant de pascades ». En mai et juin, c’est son complice Antonin Bonnet (ils se sont connus chez Michel Bras il y a plus de 20 ans), le chef du tout beau tout nouveau Quinsou, qui passe derrière les fourneaux.

Pascade A. Bonnet.jpg

La pascade d’Antonin Bonnet est fraîche et légère, parfaitement printanière. On y trouve des poireaux, des blettes, du pack choï, des herbes… Un œuf mollet et des noisettes croustillantes. Tous les parfums qu’affectionne Antonin Bonnet, ceux de notre terroir et ceux de la lointaine Asie. Allez la goûter, elle coûte 19 euros.

Restaurant Pascade – Alexandre Bourdas
14 rue Daunou, 75002 Paris
Tél. : + 33 1 42 60 11 00
Du mardi au samedi.

Restaurant Quinsou – Antonin Bonnet
33 rue de L’Abbé Grégoire, 75006 Paris
Tél. : + 33 1 42 22 66 09
Du mardi au samedi.

Wasabi, le goût du Japon

Depuis que la vague des sushi a déferlé sur la partie occidentale de la planète, chacun (ou presque) connaît le wasabi. Mais ils sont moins nombreux, ceux qui savent que cet ingrédient clé de la cuisine nipponne ne sort pas miraculeusement d’un tube, pas plus qu’il n’est une poudre magique qui se dilue à l’eau pour former une pâte (deux préparations qui sont le plus souvent des ersatz de wasabi, versions appauvries de l’original, préparées avec les pelures de la racine de wasabi et force colorant). Le wasabi, wasabia japonica, est une plante endémique du Japon où on l’utilise dans son entier, de la racine à la feuille.
Trois soirs durant, dans son restaurant Matsuhisa, à l’hôtel Royal Monceau, le chef Nobuyuki Matsuhisa, a imaginé un menu autour du wasabi frais, destiné à nous faire mieux découvrir ce goût emblématique de son pays et ses subtilités. Arigato, Nobu-san!

Chef Nobu
Nobuyuki Matsuhisa, surnommé ‘Nobu’.

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Les vertus de Virtus

Vue comme ça, c’est une petite table qui n’a l’air de rien, installée dans un coin du 12e arrondissement de Paris, qui fut un temps l’adresse du très couru Clandestino puis Clandé. Elle est tenue par un couple nippo-argentin, Chiho Kanzaki et Marcelo Martin di Giacomo. Tous deux se sont fait la main chez Mauro Colagreco à Menton, c’est dire si la main est belle ! Ou plutôt les mains, car cette cuisine à deux est savoureuse et délicate, joyeuse et insolente.
J’y ai déjeuné il y a peu avec un ami : c’était la fin des oursins, le début des asperges, des fraises et de la rhubarbe… Une exquise fin d’hiver et un début de printemps éblouissant : bref, un déjeuner parfait.

Le décor joliment décalé réalisé par le patron, Marcelo Joulia,
architecte et designer, mais aussi vrai gourmet.

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Noma au Japon : suivre sa voie

Je ne suis jamais allée au Noma* de René Redzepi. Ni à Copenhague ni ailleurs (Tokyo, Melbourne, ou Mexico en ce moment). J’ai toujours trouvé étrange l’engouement pour ce chef, devenu rapidement l’homme à suivre absolument – ou à abattre. Parce que son restaurant a quatre fois remporté le titre à la fois envié et décrié de « Meilleur restaurant du monde » dans le classement du World’s 50 Best. Jusqu’à sa fermeture en 2015, où il a décidé de se lancer dans une nouvelle aventure, parce qu’il en a eu soudain « marre de la routine. Pourquoi ne pas faire ça dans un nouvel endroit ? ».

Et puis, il y a peu, me voilà invitée à la projection de Noma au Japon, un film sur, précisément, la première de ses aventures choisies, l’expérience de Redzepi à Tokyo. Curiosité, intérêt, découverte, étonnement. Parlons-en.

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Christophe Hay-Édouard Loubet : repas à 4 mains, entre Loire et Lubéron

29 mars, journée de beau soleil printanier. Journée idéale pour prendre la route de Montlivault. Nous étions ce jour-là une poignée à converger vers ce village tranquille du Loir-et-Cher, dans l’enceinte de La Maison d’à Côté, pour y découvrir un menu conçu et réalisé à 4 mains par Christophe Hay, le maître des lieux, et Édouard Loubet, venu depuis la Provence. Soit le choc de deux terroirs qu’on pourrait difficilement imaginer plus « opposés ». Quand la Loire se frotte soudain au Lubéron, le résultat est ébouriffant !

Chefs 2
Complicité entre Édouard Loubet (à gauche) et Christophe Hay (à droite).

Le cadre de cette rencontre ? La Maison d’à côté, donc, juste en face de l’église de Montlivault : un lieu calme, cosy, où l’on se pose avec plaisir. Une belle cuisine ouverte, des fauteuils confortables, un accueil délicieux… Bref tout ce qu’il faut pour se lancer dans l’aventure. Revue de détail.

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